Que feriez-vous pour empocher 100 000 $?
Cette question impose d’emblée de lourds dilemmes moraux. Dans Best Boy, le troisième long-métrage écrit et réalisé par Jesse Noah Klein, et tourné ici même, au Québec, cette prémisse devient le moteur d’une descente aux enfers pour une famille brisée par un patriarcat défaillant.
![[Critique] « Best Boy » : Un huis clos familial toxique et sans merci 13 688a2acb42b15d9a7bbf9841 BestBoy Affiche R4 low](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/05/688a2acb42b15d9a7bbf9841_BestBoy-Affiche-R4_low-302x450.jpg)
L’intrigue rassemble trois frères et sœurs pour les funérailles de leur père, chacun traversant le deuil avec ses propres traumatismes. Après la veillée funèbre, les retrouvailles se transportent au chalet familial en compagnie de leur mère.
C’est là que s’enclenche la véritable confrontation : pour toucher leur héritage de 100 000 $, ils devront s’affronter dans une série de jeux compétitifs et tordus.
Si ces rituels d’enfance orchestrés par le père ont souvent eu lieu par le passé, la mise n’a jamais été aussi élevée.
Une tension palpable et des performances magnétiques
Le film marque les retrouvailles à l’écran de Caroline Dhavernas et Aaron Abrams, réunis pour la première fois depuis la série culte Hannibal. Cette fois-ci, leurs rôles mettent en évidence leur capacité à incarner la cruauté et l’absence totale de compassion, nourries par une rivalité fraternelle de longue date.
Chaque personnage possède des traits comiques qui soulignent subtilement ses défauts, un équilibre brillamment défendu par l’ensemble des comédiens. Leurs dialogues acérés et leurs actions révèlent toute la profondeur et la chimie d’une cellule familiale hautement toxique. Les acteurs excellent à rendre cet univers psychologique mémorable et percutant.
![[Critique] « Best Boy » : Un huis clos familial toxique et sans merci 15 6862baddc8503a4dafacd88d bestboy r2 srgb.0193819](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/05/6862baddc8503a4dafacd88d_bestboy_r2_srgb.0193819-750x314.jpg)
Une caméra chirurgicale au service du malaise
Sur le plan technique, le travail de la caméra épouse parfaitement la détresse des personnages. Durant la première portion du film, Jesse Noah Klein privilégie les plans moyens et larges, évoquant l’esthétique froide et clinique de The Killing of a Sacred Deer d’Yorgos Lanthimos. Ce choix de mise en scène permet de matérialiser la distance et l’hostilité qui règnent entre les protagonistes.
Le cadrage joue également un rôle essentiel : il accentue l’environnement serré pour insuffler un sentiment de claustrophobie à l’intérieur de ce chalet qui, pourtant, semble immense de l’extérieur.
Au fur et à mesure que le récit progresse, la caméra gagne en liberté tout en conservant une rigidité troublante. Les gros plans se font alors plus fréquents pour accentuer le suspense et capter les moindres micro-expressions des visages. Cette rigueur technique s’accorde magnifiquement avec l’atmosphère générale, tandis que la conception sonore, stratégique et immersive, vient amplifier une tension qui ne cesse de monter.
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Un dénouement en dessous des attentes
Malheureusement, malgré une réalisation soignée et des performances d’acteurs hautement réussies, le film débouche sur une conclusion ambiguë. Sans dévoiler les punchs de l’intrigue, disons que si cette fin demeure cohérente avec le reste du récit, elle laisse une impression de facilité. On ressort de la projection avec le sentiment qu’un dénouement plus percutant et plus travaillé aurait permis de couronner ce thriller psychologique de manière magistrale
Best Boy est désormais au cinéma depuis le 29 mai.


![[Critique] « Best Boy » : Un huis clos familial toxique et sans merci 12 Best Boy 1](https://cdn.horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/05/Best-Boy-1-1155x770.webp)


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