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[Critique] « Passenger » : Quand le thriller routier fait fausse route

Avez-vous déjà rêvé de tout plaquer pour vivre le fantasme de la vanlife avec l’être cher?

Ce sentiment de liberté absolue, où les routes infinies et les paysages américains s’offrent à vous, s’avère un puissant moteur pour l’imaginaire collectif. C’est précisément ce rêve d’évasion que le réalisateur acclamé André Øvredal s’emploie à transformer en cauchemar éveillé avec Passenger, un thriller d’horreur surnaturel distribué par Paramount Pictures. Retour sur un road trip horrifique qui s’annonçait prometteur, mais qui se termine abruptement en panne sèche.

Sur papier, Passenger a tout pour séduire les amateurs de sensations fortes. Réalisé par André Øvredal (The Autopsy of Jane Doe, Scary Stories to Tell in the Dark) et produit par des poids lourds du genre comme Walter Hamada (l’ancien grand patron de DC Films et producteur de The Conjuring) et Gary Dauberman (scénariste de It et réalisateur d’Annabelle Comes Home), ce road trip démoniaque met en vedette Jacob Scipio, Lou Llobell et la récipiendaire d’un Oscar, Melissa Leo.

Pourtant, malgré cette équipe d’élite, le long-métrage peine à livrer la marchandise…

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L’intrigue suit un jeune couple qui, après avoir été témoin d’un horrible accident de la route causant la mort du conducteur, se retrouve traqué par une entité démoniaque implacable. Une course contre la montre s’enclenche, dictée par des règles de survie bien précises : ne pas conduire la nuit, ne pas s’arrêter, sous peine de voir surgir l’esprit frappeur sur le bord de la route.

Quelques éclats techniques et des jump scares efficaces

Tout n’est pas à jeter dans ce cauchemar routier. On sent qu’il y a eu un réel effort de réflexion sur certaines scènes. La réalisation d’Øvredal brille par moments grâce à des plans de caméra travaillés et une esthétique soignée. La séquence du stationnement, notamment, se démarque par sa tension palpable (bien qu’un peu répétitive) et sa gestion de l’espace, prouvant que le cinéaste n’a pas perdu sa touche pour installer une ambiance claustrophobique en plein air.

De plus, les amateurs du genre y trouveront leur compte en matière de sursauts. Les jump scares parviennent à surprendre le spectateur même au moment où il s’y attend le plus. Si vous cherchez une expérience purement viscérale pour sursauter dans votre siège, le film remplit cette partie du contrat… du moins au cinéma, je vous l’assure.

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Un scénario qui défie toute logique

Le bât blesse dès qu’on s’attarde à la cohérence globale de l’œuvre. Pour apprécier Passenger, il faut d’emblée accepter de débrancher son cerveau et ne pas chercher de logique. Le récit est truffé de facilités scénaristiques déconcertantes et souffre d’un manque cruel de crédibilité. Le scénario de T.W. Burgess et Zachary Donohue n’aide en rien les acteurs à défendre leurs personnages.

« People don’t take road trips… Road trips take people… » (Les gens ne font pas de road trips… Ce sont les road trips qui prennent les gens…)

Le plus frustrant réside dans le comportement du couple principal. Alors que les règles du jeu sont claires (et mortelles), nos protagonistes passent leur temps à faire exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire pour survivre. Ils roulent de nuit, s’arrêtent aux pires endroits et accumulent les décisions stupides. Là où des classiques du suspense routier comme Duel de Spielberg ou Death Proof (À l’épreuve de la mort) de Tarantino qui parvenaient à créer une tension insoutenable grâce au montage et à la vulnérabilité des personnages, Passenger nous détache de son couple tant leurs choix défient le bon sens. Difficile de ressentir de l’empathie ou de la terreur pour des protagonistes qui courent eux-mêmes vers leur propre perte.

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À cela s’ajoutent des incohérences visuelles flagrantes, notamment dans la gestion temporelle des scènes qui passent du jour à la nuit sans transition logique. Même si le scénario essaie de nous faire gober que le djinn démoniaque est responsable de ces visions chaotiques, disons que les fans d’horreur, qui n’en sont pas à leur premier barbecue, risquent d’être un brin déçus. On est bien loin de la paranoïa implacable d’un It Follows ou de l’angoisse viscérale du premier acte de Jeepers Creepers.

Sans compter les détails absurdes : depuis quand une créature démoniaque traverse-t-elle les pare-brise de la sorte?

Le verdict : de la déception au sol

Passer des succès précédents d’André Øvredal (ou de thrillers psychologiques comme Obsession sortie la semaine dernière) à ce Passenger, c’est un peu comme troquer un voyage en première classe pour une place inconfortable à l’arrière d’un autobus de nuit.

En fin de compte, le film n’apporte rien de neuf au genre du survival surnaturel sur l’asphalte. Passenger se contente malheureusement de recycler des codes usés en misant tout sur ses effets de surprise visuels. Une proposition divertissante pour une soirée pop-corn sans prétention, mais une immense déception pour quiconque espérait un thriller horrifique solide et mémorable.

L’année 2026 n’est pas encore terminée et nous gardons espoir pour les prochaines sorties de genre. En attendant, si vous souhaitez vous faire votre propre idée, le film sort en salle ce vendredi 22 mai au Québec.

Passenger | Official Trailer (2026 Movie) – André Øvredal, Jacob Scipio, Lou Llobell
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Pour les fans...
Le cinéma d'André Øvredal : Pour les curieux qui veulent suivre la filmographie du réalisateur.
L'horreur routière : Dans la lignée de Duel, Death Proof ou de It Follows pour le concept de la traque implacable.
2.5
Note Horreur Québec

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