[Critique] Amulet: conte macabre enseveli de symboles

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Note Horreur Québec

Un itinérant qui fut autrefois un soldat est invité par une nonne à travailler chez une de ses connaissance qui prend soin de sa mère invalide. Chargé de la maintenance de cette maison décrépite, le jeune homme s’y voit logé gratuitement. Plus il se lie à la jeune femme, plus il constate que quelque chose de bizarre se trame dans cette maison.

Amulet, le premier long-métrage de l’actrice Romola Garai (Atonement, Angel), paraissait dernièrement en vidéo sur demande. L’actrice s’est également métamorphosée en scénariste en plus de réaliser ce très lent conte macabre. Son scénario, présentant une intrigue avec un montage alterné, est rempli de bonnes idées que l’artiste a l’audace de livrer de manière dépouillée.

Amulet affiche film

Si le film peut s’inscrire dans le mouvement #MeToo par ses élans féministes, il ne le fait pas de manière agaçante. On traite tout de même au passage de l’abus et du sacrifice de soi de manière fort éloquente. Il reste que l’abondance de métaphores et d’éléments symboliques en vient à rendre l’intrigue un peu artificielle. Sommes-nous devant un long-métrage ou une leçon de mythologie? Il faut aussi mentionner que les temps morts de l’intrigue diluent les moments forts. C’est comme si en voulant éviter tous les pièges des récits romantiques et horrifiques habituels, Garai avait sacrifié une partie du suspense et le divertissement. Là où les allégories auraient pu être fascinantes, elles ont tendance à nous faire bailler.

À la réalisation, Garai fait preuve de plusieurs touches inventives. La femme excelle dans la création d’atmosphère et connait assez le métier pour bien s’entourer. Dès l’ouverture, on y perçoit une cinématographie réaliste immersive qui illustre un merveilleux travail de Laura Bellingham, reconnue pour son travail dans le monde du documentaire. Les décors signés Francesca Massariol, notamment en ce qui a trait à la lugubre demeure, nourrissent l’étrangeté.

La cinéaste est aussi très à l’aise avec la direction d’acteurs. Dans le premier rôle, Alec Secareanu (God’s Own Country) est parfait face à une Imelda Staunton (Vera Drake), très investie. Dommage que dans ces explorations, la créatrice n’ait pas mis la peur sur sa liste.

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