Critique: Black Mirror, saison 3

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9.5
8

En parlant de la série britannique Black Mirror, on s’éloigne un peu de l’horreur pour «flirter» avec la science-fiction. Par contre, presque chaque épisodes ce cette brillante série nous amène dans un monde beaucoup plus angoissant que bien des films d’horreur. Ce monde qui est le nôtre. Aujourd’hui.

C’est en 2011 que Charlie Brooker crée la série, qui en est à sa troisième saison. Nous nous attardons ici sur cette dernière, produite par Netflix, contrairement aux deux premières qui l’étaient par Channel 4. La saison compte 12 épisodes, dont 6 seront présentés l’an prochain. À travers Black Mirror, le créateur jette un regard sombre sur les technologies qui nous entourent et qu’il compare à une drogue dont chaque épisode en étale les brutaux effets secondaires. Le grand point fort de la série se trouve au niveau des scénarios, à la fois brillants et bien ficelés.

black-mirror-season-3-posterIl est difficile de parler des différents épisodes sans risquer de divulguer des éléments cruciaux à l’intrigue. Et comme ce sont six histoires complètement indépendantes les unes des autres, il est impossible de donner un synopsis général. Mais voici quand même les trois épisodes qui sont, selon moi, les plus réussis:

Shut up and dance: Probablement le plus difficile à regarder car il est sûrement le plus réaliste. Sans trop donner de détails, certaines personnes se font piéger par une proie invisible et sont propulsés dans une course sans issue. Disons qu’après votre visionnement, vous y penserez à deux fois avant de vous tourner vers internet pour assouvir vos plus bas instincts.

Playtest: Un jeune américain qui voyage autour du monde pour fuir une relation complexe avec sa mère termine son périple à Londres où il doit travailler pour acheter son billet de retour. L’épisode captivant traite de l’avenir du jeu vidéo, non seulement de plus en plus immersif, mais dont l’action serait dicté par le psychisme du joueur qui transforme ses souvenirs en cauchemars hyperréalistes. Sommes-nous dans le jeu ou dans la réalité?

Hated in the nation: Tout commence lorsqu’une journaliste détestée sur les médias sociaux est retrouvée morte dans d’étranges circonstances. Une enquêteuse et son apprentie, experte en technologie, mènent l’enquête. Même si on peut trouver que l’épisode ressemble à plusieurs émissions d’enquêtes qui envahissent le paysage télévisuelle présentement, le scénario n’en demeure pas moins intéressant et soulève des questions importantes sur l’impact des réseaux sociaux, le tout sous fond de catastrophe naturelle imminente. Mystérieux non?

Les autres épisodes ne sont pas inintéressants, mais disons qu’ils sont un peu plus «gentils» et ont beaucoup moins d’impact. Cette inégalité est vraiment le seul bémol que j’ai noté sur cette troisième saison, en général fort réussie.

Pourquoi Black Mirror fait autant d’effet sur le spectateur? Bien qu’extrêmement divertissante, elle laisse un malaise inquiétant qui la rend difficile à regarder. Certainement parce que tout ceci n’est pas si loin de nous et que les inévitables avancées technologiques se transforment souvent en munitions pour la plus dangereuse de arme qui soit: l’homme.