[Critique] Entwined: un poème funèbre et mystique

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3
Note Horreur Québec

Le docteur Panos déménage dans un village isolé afin d’offrir ses services à la communauté. Attiré par une étrange mélodie, il s’enfonce dans les bois et rencontre Danae, une jeune femme qui vit seule avec son père, atteinte d’une mystérieuse maladie de peau. Panos est déterminé à la guérir, mais il est frappé à son tour par l’étrange malédiction qui afflige Danae et ne parvient plus à retrouver la route pour quitter la forêt et retourner au village.

Présenté en première mondiale il y a un an au Toronto International Film Festival, Entwined est enfin disponible en VSD. Avec ce premier long métrage, le réalisateur grec Minos Nikolakakis propose un conte atmosphérique et intrigant. La narration est lente et l’horreur est peu présente, l’accent étant mis avant tout sur l’étrangeté et non la peur pure. Comme c’est souvent la norme dans les contes de fées, Entwined contient une histoire d’amour. Un amour qui cannibalise l’autre et qui est surveillé par une nature vivante, agissante, violente.

À l’image de l’intrigue, les effets spéciaux sont subtils, naturalistes et participent à l’inquiétante poésie baignant l’ensemble du film. Rien de tape-à-l’œil. Rien de superflu. Tout le contraire du personnage du demi-frère de Panos, George, interprété par John De Holland, qui a aussi coscénarisé le film. Introduit dès le début d’Entwined, George vient constamment briser l’ambiance de ce conte en cherchant à rejoindre son frère au téléphone. De plus, malgré que la majorité des dialogues soient en grec, George discute uniquement en anglais avec son frère. Cela n’apporte rien au récit et édulcore le côté exotique de l’œuvre et l’impression d’étrangeté ressentie par le spectateur lors du visionnement.

Autre faiblesse d’Entwined: le récit est prévisible. On s’attend à ce qui va arriver et on est rarement surpris par les péripéties. Ainsi, la conclusion ne surprend guère, mais elle demeure en symbiose avec ce qui précède. Et, heureusement, cette conclusion évite tout manichéisme, proposant une vision complexe et nuancée du monde, du temps et de la mort.

Entwined est à la fois une œuvre exigeante et paisible, un poème funèbre et pastoral. Le résultat n’est pas transcendant, mais il est suffisamment réussi pour qu’on ait envie de surveiller de près la carrière de Minos Nikolakakis.

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