Fear Street
FEAR STREET - Cr: Netflix © 2021

[Critique] «Fear Street Part 1: 1994»: un juvénile mais décapant parfum du passé

Note des lecteurs15 Notes
3.5
Note Horreur Québec

Une adolescente et ses amis découvrent que les trois psychopathes qui errent dans leur ville sont la conséquence d’une très lointaine malédiction.

Après beaucoup d’attente et des spéculations de toutes sortes, Fear Street Part 1: 1994 est enfin livré sur Netflix cette semaine. On sait que deux autres films suivront aussi ce premier volet plus tard en juillet.

Il faut comprendre que depuis la sortie du premier roman en 1989, Fear Street: The New Girl, cette saga écrite par le célèbre auteur R.L. Stine est devenu une franchise qui a multiplié les dérivés. Sachez aussi que 80 millions de romans se sont vendus, ce qui explique l’engouement pour cette trilogie. Stine a écrit plus de 50 romans se déroulant dans Shadyside, et on mentionne qu’à une certaine époque, l’auteur en pondait un par mois. Dans la série originale, chaque livre était individuel et n’entretenait pas vraiment de liens avec les autres. Comme les récits se déroulaient dans la même ville, on pouvait y reconnaître certaines allusions ou même personnages, mais rien de plus.

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Si le premier film est truffé de références à plusieurs des populaires récits, l’ensemble est axé sur les origines du Mal de ce lieu maudit, et trouve une certaine inspiration de The Fear Street Saga, une collection à part racontant les aventures de la famille Fear. Il ne faut cependant pas s’attendre à une relecture directe de l’une des histoires, mais plus à un collage à la manière des films Goosebumps, qui tentait de rendre hommage aux épisodes clés. L’histoire de ce premier long-métrage est donc originale.

Le scénario offre un sympathique mélange de tous les ingrédients de la série. Bien sûr, plusieurs développements paraissent inimaginables puisque l’intrigue part dans plusieurs directions. On y injecte aussi un peu trop de clowneries adolescentes pour s’assurer l’adhésion des plus jeunes, qu’on tente toutefois de dissoudre par la brutalité de certains passages, les allusions sexuelles et un répertoire musical plus avertis passant de White Zombie à Nine Inch Nails. Dommage qu’un long-métrage qui souligne presque au surligneur ses hommages à des classiques comme Scream, I Know What You Did Last Summer ou The Blair Witch Project n’aient pas su reproduire l’élément catalyseur de leur succès: des personnages intéressants. Dans Fear Street part 1 : 1994, ces derniers nous semblent tous un peu accessoires.

Ce désir de porter à l’avant-plan les minorités manquent de nuances et d’implication. On comprend l’importance de souligner les difficultés vécues par plusieurs jeunes à propos de leur orientation sexuelle, leur couleur de peau ou leur corpulence. Cependant, il serait plaisant pour nos jeunes de voir enfin un film où ces différences ne font plus obstacle à leur vie, mais ne constituent qu’un fragment de leur personne. Nous sommes toutefois face à un film qui se déroule en 1994, et les mœurs de cette décennie étaient forcément moins ouvertes que celles de notre époque, déjà déficientes.

Admettons tout de même que Phil Graziadei et Leigh Janiak (Honeymoon) démontrent une connaissance flagrante de l’horreur, et qu’ils se refusent de jouer la carte des meurtres anémiques, dépourvus de suspense. Ils placent leurs personnages dans des situations inquiétantes qui aboutissent souvent en bain de sang. Également aux rennes de la mise en scène, Janiak réussit à livrer une réalisation efficace, quoi qu’un peu impersonnelle. Il faut tout de même admettre que la politesse qu’elle adresse au Scream de Wes Craven nous offre un véritable moment de bravoure.

De leur côté, les jeunes acteurs sont tous fort valables, même si aucun n’incarne un personnage qui ne passera à l’histoire. Nous attendons tout de même avec impatience le second volet le 9 juillet prochain, qui formulera possiblement des liens avec Halloween et Friday the 13th.

Fear Street part 1 : 1994 arrive le 2 juillet sur Netflix.

FEAR STREET PART 1: 1994 | Official Trailer | Netflix
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