Goodnight mommy 2

[Critique] Goodnight Mommy (2022): une anémique tentative

Huit ans après la sortie du film autrichien Goodnight Mommy, réalisé et écrit par Severin Fiala et Veronika Franz, le réalisateur Matt Sobel (Take Me to the River, la série Netflix Brand New Cherry Flavor) nous offre sa version américaine de ce drame psychologiquement horrifiant. Pour atteindre sa cible, il met en vedette une actrice bien connue du cinéma de genre: Naomi Watts (The Ring 1 et 2, Mulholland Drive, Funny Games, The Wolf Hour). L’imitation est-elle réellement la plus sincère forme de flatterie?

Des frères jumeaux retournent chez leur mère après qu’elle eut recours à une chirurgie au visage pour, soi-disant, s'offrir un renouveau. Peu de temps après leur arrivée, ils commencent à soupçonner que quelque chose ne tourne pas rond. Le mince voile derrière lequel se cache leur mère couvre-t-il un terrifiant secret?

Les garçons qui criaient au loup

Goodnight Mommy affiche film

D’entrée de jeu, on se rend bien compte que la mère (Naomi Watts) est une femme aux prises avec les rebonds d’une regrettable situation conjugale et familiale. Malgré le calme qu’elle tente de dégager, l’ombre du désespoir s’entend dans sa voix et se révèle dans ses mouvements. Elle peine à surmonter ce qui la tourmente, mais elle met en place les efforts nécessaires pour y arriver. En gros, maman ne va pas particulièrement bien. Mais sans plus. Rien de trop flagrant, de trop frappant. Sa façon d’être ou d’agir n’a aucune raison de soulever de réelles inquiétudes ou de craintes démesurées. Pourtant, un des deux garçons sème rapidement le dangereux doute quant à l’identité de la femme dissimulée sous les bandelettes de tissu. Est-ce vraiment notre mère?

Sans approfondir l’investigation ou analyser la situation en détails, les garçons se mettent en mode panique et décident de se sauver de la demeure. Une très courte échappée qui les ramène aussitôt au bercail. S’en suit une brève confrontation qui n’aboutit à rien avec la supposée étrangère et une seconde tentative de fuite. Dans un aller-retour peu concluant où chaque scène manque de force, le film tangue dangereusement vers le drame léger. Et bien que le tout soit soldé par une finale qualifiée d’inattendue, le retournement de situation ne réussit malheureusement pas à combler le vide laissé par l’histoire sous-développée.

Matt Sobel tente de créer une ambiance lourde et malaisante, mais le jeu légèrement trop tendre de Naomi Watts et la performance peu convaincante des deux jeunes acteurs atténuent les chances de nous inquiéter. Transportés dans différents décors où la surprise et l’effroi se font attendre et finissent par louper le rendez-vous, on finit par se dire qu’on est probablement (malheureusement!) en sécurité partout.

Et si on ose comparer…

L’expression «à des années lumières» semble la plus appropriée pour faire une comparaison entre l’original et le remake. La version autrichienne offre une ambiance à glacer le sang, un décor anxiogène, un subtil jeu sonore déstabilisant et une performance à couper le souffle de la part de tous les acteurs. Avec une bonne dose de scènes violentes à souhait, le film paru en 2014 peut se vanter d’être ironiquement intitulé Goodnight Mommy, puisqu’aucune maman ne fermera complètement l’œil de la nuit.

Note des lecteurs1 Note
Points forts
Naomi Watts... parce que c'est Naomi Watts!
Finale inattendue
Points faibles
Jeu des acteurs manque de tonus
Longueurs malgré la courte durée du film
Beaucoup plus drame que horreur
2
Note Horreur Québec

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