S'enregistrer
Votre mot de passe vous sera envoyé.
[Critique] Greta: Huppert cherche colocataire
3.5Note Horreur Québec
Note des lecteurs: (0 Vote)

Sept ans après son Byzantium, Neil Jordan effectue un retour discret derrière la caméra avec Greta, thriller psychologique où deux générations de femmes devront s’affronter dans une relation d’amitié malsaine. Ce nouvel opus du réalisateur irlandais qui nous a offert des films cultes comme The Crying Game, Interview with the Vampire et The Company of Wolves est-il à la hauteur de sa réputation?

En deuil de sa mère, Frances (Chloë Grace Moretz) se lie d’amitié avec Greta (Isabelle Huppert), une veuve sexagénaire plutôt accueillante. Rapidement, la jeune femme se rendra compte que leur rencontre n’était peut-être pas seulement due au fruit du hasard et que sa nouvelle confidente est une dangereuse psychopathe. Le réalisateur signe ici le scénario en compagnie de Ray Wright, qui nous a également offert les histoires de Pulse (2006) et The Crazies (2010). Un récit avec un sentiment de déjà vu qui peut, aux premiers abords, agacer son spectateur, mais qui finira surtout par l’amuser.

Greta affiche filmOn comprend rapidement que Greta est non moins qu’une pastiche de cette vague de thrillers des années 90. N’étant pas sans rappeler les Single White Female et Fatal Attraction de ce monde, Jordan se régale à nous balancer les nombreux (et amusants) clichés de ces films. À commencer par la musique hyper appuyée lors de scènes de tension en passant par des situations invraisemblables en allant jusqu’au jeu des actrices volontairement exagéré.

Alors que Chloë Grace Moretz (Suspiria (2018), Dark Shadows) joue pleinement la pauvre victime malmenée par sa nouvelle amie, c’est la grande Isabelle Huppert (Elle, La pianiste) dans le rôle-titre qui vole chacune des scènes où elle se trouve dans la peau d’une «méchante» comme seule elle peut le livrer. On ne peut rester indifférent devant ce duo d’actrices qui semblent avoir un plaisir fou à jouer ces personnages archétypaux. À cette distribution s’ajoutent la rafraîchissante Maika Monroe (It Follows) ainsi que Colm Feore (Lore) et Stephen Rea (In Dreams); acteur fétiche de Neil Jordan. Avec une réalisation plutôt sobre et respectant le genre, le metteur en scène évite tout flafla et nous offre plusieurs très bons moments de stress, particulièrement celui impliquant le personnage d’Erica (Maika Monroe).

Greta Isabelle Huppert Chloe Grace Moretz Maika Monroe

Greta est définitivement à prendre au second degré: légèrement précipité dans les premières minutes, il n’en faudra pas beaucoup pour se laisser submerger dans cette histoire vue des centaines de fois, mais qui, malgré tout, nous gardera en haleine grâce, et surtout, à sa tête d’affiche. Une œuvre mineure dans la filmographie du réalisateur, mais qui nous replonge parfaitement dans cette ère où le thriller d’horreur avait la cote. Souvent amusant et parfaitement inquiétant, on ne peut que ressortir avec le sourire et l’envie nostalgique de se retrouver dans une salle de cinéma, il y a vingt-cinq ans.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.