[Critique] Host: bienvenue dans le cinéma d’horreur post COVID-19

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Note Horreur Québec

Bien que le confinement ait mis des bâtons dans les roues de la majorité des cinéastes du monde, quelques-un.e.s ont exploité cette contrainte pour tourner un film. C’est le cas de Rob Savage, dont le métrage de 55 minutes Host a créé l’engouement suite à sa sortie sur Shudder.

En plein confinement, Haley et cinq amis se rassemblent pour une séance d’invocation d’esprits… via le logiciel de vidéoconférence Zoom. Le groupe sera guidé dans l’expérience par une médium du nom de Seylan. Lorsque certains font fi des règles, ils ouvrent la porte à un démon qui va s’en prendre à eux.

Host affiche filmLe concept derrière Host, soit de limiter le cadre de la mise en scène à un écran d’ordinateur, a déjà été employé plusieurs fois par le cinéma d’horreur. On peut penser au dyptique Unfriended, à Searching ou encore au sympathique slasher The Den. Host profite néanmoins du fait que sa gimmick de réalisation s’avère fortement d’actualité, alors qu’au printemps dernier, beaucoup d’entre nous ont vécu leur vie sociale sur Zoom et souffert de la solitude du confinement. La trame narrative évoque la réalité liée au coronavirus, ce qui accentue l’immersion alors que la majorité des oeuvres de fiction distribuées en ce moment sont divorcées du quotidien des gens en 2020.

On s’attache vite à ce groupe de confinés, dont plusieurs représentent les postures archétypales vues au cinéma lorsqu’il y a confrontation avec le surnaturel. Host est conscient de ce qu’il est: une variation sur un thème bien connu, et avec sa courte durée, le film évite toute forme de remplissage. Le montage alterne entre la fenêtre partagée et la mise en avant de certaines fenêtres individuelles. Les gros plans des diverses réactions apeurées sont très convaincants. Il y a une bonne progression dans la tension et les effets spéciaux sont assez spectaculaires, rappelant ce qu’Oren Peli avait pu faire avec son Paranormal Activity.

C’est peut-être là que le bât blesse, d’ailleurs. Bien qu’Host soit un film très bien exécuté et une belle carte de visite pour Rob Savage et son partenaire d’écriture Jed Shepherd, il se transforme vite en tournée des lieux communs du found footage. Un personnage passe sa tête par la trape du grenier et pivote lentement sur lui-même en filmant l’intérieur de la pièce. Une autre lance de la farine dans sa cuisine en espérant apercevoir la créature invisible qui s’en prend à elle. Quelqu’un avance dans le noir en utilisant son flash d’appareil photo. On a rarement l’impression de voir quelque chose qui n’a pas déjà été fait dans les dix dernières années, un âge d’or pour les amateurs de found footage et de ses dérivés modernes. On aurait aimé un peu plus de sang neuf.

En somme, Host est un film amusant qui sort pile au bon moment, à voir dans le noir et sur son laptop pour se donner une petite frousse. Il ne réinvente toutefois pas un genre saturé et les détracteurs des Paranormal Activity et Unfriended de ce monde devraient peut-être passer leur chemin.

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