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[Critique] L’Inhumain: une perle québécoise digne d’A24

Il arrive de temps en temps que le paysage horrifique nous offre certaines perles, paraissant parfois plus inaccessible à certains, à cause des développements psychologiques mis à l’avant-plan, ou encore avec certaines recherches formelles plus étourdissantes. Si on pense aux réussites que nous a offert le studio A24, il y a de quoi situer le spectateur face à L’Inhumain, un premier long-métrage de Jason Brennan, tourné dans le chaos de la pandémie.

Mathieu, un neurochirurgien autochtone ayant développé une dépense à certains barbituriques, doit affronter un divorce futur et le décès de son père en retournant sur la réserve où il a grandi. Pour disposer des cendres, le médecin doit parcourir un long trajet seul en forêt, où le Wendigo que son paternel avait jadis affronté, se mettra sur son chemin.
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Le scénario de Brennan nous présente la chute d’un homme vaguant sous des apparences de perfection. Mathieu semble complètement déshumanisé et blasé sur tout — peut-être est-ce lui, l’inhumain du titre. Trop souvent absent pour son fils, infidèle à sa femme et sans la moindre empathie pour ses patients, l’homme nourrit en lui le vide et la bête se nourrit des vices des hommes. Le Wendigo pourchasse aussi les égocentriques et ceux qui se risquent à commettre des péchés.

Ce qui fascine ici, c’est d’en venir à la conclusion qu’une partie du manque d’humanité du personnage est construit sur le fait qu’il souhaite fuir ses origines. Il deviendra une sorte de pèlerin sur cette terre qu’il a déjà connue. Il y a un parallèle fort perceptible entre la confusion du héros et celle de plusieurs membres des Premières Nations, qui hésitent entre embrasser leur culture pouvant devenir un refuge ou bien la fuir si elle devient une prison. Brennan y incorpore la légende algonquine du Wendigo avec une habilité déstabilisante. Cette légende est encore racontée autour des feux de camps dans bien des réserves et le protagoniste doit affronter le monstre pour retrouver son identité. Bien sûr, il ne s’agit pas d’un gros film d’horreur gore rempli d’action, mais la trame narrative est suffisamment captivante pour fasciner le spectateur dans sa lenteur.

La réalisation de Brennan nous fait oublier le modeste budget de 1,8 million, autant dans la manière de capter les sublimes paysages, qu’en proposant des apparitions très efficaces de la créature. La direction d’acteurs est aussi d’une grande justesse, et il faut mentionner que la distribution complète menée par Samian (Chasse-Galerie, Roche papier ciseaux) joue en parcimonie sur différents registres. En somme, Jason Brennan est certainement l’un de nos cinéastes à suivre.

Note des lecteurs2 Notes
Points forts
Le sujet merveilleusement bien amené
Les effets visuels réussis
La réalisation pleine de finesse
Points faibles
Certains passages en forêt sont un peu longuets
4
Note Horreur Québec

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Horreur Québec
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