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[Critique] Nanny: pourquoi en faire tout un drame?

Sorti le 16 décembre dernier chez Prime Video, Nanny, le premier long métrage de Nikyatu Suru, explore le thème de l’immigration et le tourment de la séparation en mettant en lumière le courage de refaire sa vie en territoire étranger. Cette dernière production Blumhouse est une belle exploration de la force et de la détermination humaines, mais définitivement pas un film d’horreur.

Aisha, une immigrante sénégalaise résidant à New York, obtient un emploi comme nounou pour une petite fille. Elle tente d’économiser les sommes nécessaires pour la venue prochaine de son propre garçon, resté sur l’autre continent. Au cours de ses heures passées auprès de la famille cossue, elle découvre les dessous obscurs d’un couple aux apparences parfaites. L’ambiance malsaine qui règne en la demeure fera monter en flèche ses angoisses personnelles face à la vie qu'elle espère bâtir.

Tout vient à point à qui sait attendre?

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Le synopsis et la bande-annonce (et même l’affiche!) sous-entendent un film à combustion lente du style thriller psychologique lors duquel des secrets seront révélés, des visages seront démasqués et des démons sortiront des placards (peut-être même des vrais de vrais, on croise les doigts!).

Au cours des trente premières minutes, on croit comprendre que la petite sous la garde de la nounou est une fillette anxieuse qui peine à manger. La maman, elle, est la typique carriériste débordée et dépassée par les aléas de la vie. Quelques scènes plus tard arrive le père à qui on ne fait aucunement confiance dès son apparition à l’écran. On a hâte de connaître la suite!

En parallèle, le film explore l’histoire d’Aisha qui attend impatiemment l’arrivée au pays de son petit garçon. Pendant de longs (très longs) moments, le spectateur se retrouve plongé dans son histoire: ses amies, son amoureux en devenir, ses efforts pour se tailler une place en Amérique et ses appréhensions face au déménagement de son fils. Sympathiques à sa cause, on espère le mieux pour elle, mais l’affreux pour nous.

De retour dans le luxueux logement de l’élite new-yorkaise, elle apprivoise habillement la fillette, soupçonne une infidélité au sein du couple et devient de plus en plus méfiante du père. Et hop! On retourne à l’autre histoire dans laquelle Aisha jase avec copines dans un salon de coiffure ou goûte à du gâteau lors d’un tête-à-tête romantique.

… point de non-retour!

Plus les minutes avancent, plus on perd espoir qu’il y ait un lien entre les deux histoires. Ce va-et-vient continuel pourrait avoir un certain intérêt si, de un, chaque partie proposait un développement intéressant et si, de deux, ces dernières se dirigeaient tranquillement vers une direction commune. Ne proposant ni l’une ni l’autre de ces potentielles solutions, Nanny prend rapidement les allures d’un drame dans lequel sont insérés quelques jeux d’ombres et cauchemars éveillés pour maintenir sa cote «horreur».

Bien que les quelques hallucinations passagères soient visuellement intéressantes, celles-ci s’imbriquent maladroitement dans l’histoire puisqu’il est difficile de connaître leur raison d’être et ce qu’elles cherchent à nous faire comprendre.

Il faut toutefois mentionner qu’Anna Diop transmet avec brio une large gamme d’émotions. La cinématographie est réussie, la chimie entre certains acteurs est tout à fait à point et l’histoire d’Aisha s’avère poignante et aurait mérité d’être enrichie. En gros, si le film avait choisi sans hésitation le camp «drame» et non un douteux mélange de genres, Nanny aurait très bien pu tirer son épingle du jeu. Mais tel n’est pas le cas… Dommage!

Note des lecteurs1 Note
Points forts
Le jeu d'Anna Diop
La belle cinématographie
Une histoire touchante qui aurait dû être développée
Points faibles
Confusion de genres
Deux histoires qui ne se rejoignent pas
Plusieurs scènes inutiles
Aucunement horrifique
2
Note Horreur Québec

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