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[Critique] «Night Stalker: The Hunt For a Serial Killer»: un tabloïd sensationnaliste en quatre parties

Note des lecteurs5 Notes
2.5
Note Horreur Québec

Night Stalker. Le surnom à lui seul donne des frissons. Quand on sait qu’il fait référence à Richard Ramirez, un tueur et violeur en série qui a terrorisé Los Angeles et San Francisco en 1985, il y a de quoi être terrorisé. Surtout que, contrairement à d’autres, il n’avait ni préférence ni modus operandi: ses crimes reconnus ont fait des victimes entre 6 et 83 ans, sans distinction de genre. Comme il s’est «élevé» au même rang que Bundy, Berkowitz et Kemper, il n’était qu’une question de temps avant que le géant Netflix en fasse l’objet de sa nouvelle docusérie true crime. C’est donc le 13 janvier que le traqueur de la nuit a pris nos salons d’assaut.

svg%3EComme le travail du tout récent The Ripper en ce sens est encore frais dans notre mémoire, on ne peut s’empêcher de remarquer que Night Stalker: The Hunt For a Serial Killer (Le traqueur de la nuit: chasse à l’homme en Californie) accorde peu d’attention à l’humain derrière la victime. À l’exception de deux ou trois, les cibles du meurtrier ne sont que des noms, des chiffres, des photos de scènes de meurtre. La docusérie ne fait pas d’efforts pour nous en dire plus sur ces hommes, femmes et enfants. Qui étaient-ils? Que faisaient-ils? Quels étaient leurs rêves? Ces personnes étaient bien plus que des victimes de Ramirez. On aurait apprécié un traitement plus respectueux.

D’ailleurs, Night Stalker présente des photos de scènes de crime extrêmement graphiques, et on espère que Netflix a obtenu la permission des familles avant de diffuser des images aussi sanglantes. Les reconstitutions suivent aussi une approche sensationnaliste: la caméra s’approche lentement de la maison dans laquelle elle pénètre, l’arme du crime tombe sur le sol dans une éclaboussure de sang, un plan aérien révèle une personne agonisant au sol ou une pièce ensanglantée. Dans un film d’horreur, on ne serait nullement choqué. Mais quand on se rappelle qu’il s’agit de vrais individus morts et abusés dans d’atroces circonstances, le malaise s’installe.

En revanche, les inspecteurs Frank Salerno et Gil Carrillo profitent d’un traitement royal bien mérité. On s’identifie surtout au sympathique, modeste et généreux Carrillo, qui partage de façon touchante avec les spectateurs l’impact de l’enquête sur sa famille et son mariage. Alors que la plupart des documentaires du genre relèvent les inaptitudes du corps policier, celui-ci nous prouve plutôt que la chasse au Night Stalker a été effectuée avec expertise et diligence. On sent la passion et la persévérance de ces hommes dévoués.

Mais Salerno et Carrillo ne suffisent pas à combler les lacunes de la docusérie, qui passe beaucoup de détails sous silence. On en apprend très peu sur le passé et le procès du tueur, et sa contribution à la vague de satanic panic des années 1980 est à peine effleurée. Fan de musique métal et sataniste autoproclamé, Richard Ramirez a servi d’argument à des milliers de parents convaincus que le rock, l’horreur et les jeux de rôle à la Donjons et Dragons poussaient les jeunes vers la violence et la déviance. Le meurtrier a particulièrement mis le groupe AC/DC sous l’eau chaude en oubliant une casquette portant leur logo sur les lieux d’un crime; son surnom fait même référence à sa chanson préférée, Night Prowler. D’ailleurs, si le sujet vous intéresse, on vous conseille fortement la lecture de Satanic Panic: Pop Culture Paranoia in the 1980s.

Avec Night Stalker, Netflix aborde brièvement le phénomène des fans de Ramirez, mais sans y accorder autant d’attention qu’il l’a fait avec Conversations with a Serial Killer: The Ted Bundy Tapes, alors que le sujet aurait mérité plus de détails. Pour en savoir plus sur l’hybristophilie et notre fascination pour les tueurs en série, lisez notre dossier true crime.

Il faut l’admettre, la série crée une forte dépendance, et vous en dévorerez sans doute tous les épisodes en un seul visionnement. Malgré cet aspect captivant, ses allures de tabloïd, sa poursuite de la valeur de choc et les oublis mentionnés plus haut nous obligent à lui accorder une cote plutôt basse. Meilleure chance la prochaine fois, Netflix.

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