[Critique] Pet Sematary (2019): mieux vaut laisser nos classiques en paix

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Un père de famille tente de ressusciter son enfant, mort prématurément dans une tragédie, en enterrant sa dépouille sur un terrain aux vertus démoniaques.

Voulant surfer sur la vague commerciale engendrée par It, les studios n’en ont certainement pas fini de vouloir remodeler les classiques de Stephen King. Après la nouvelle mouture assez efficace avec Pennywise, les lecteurs du maître de l’horreur étaient en droit d’être fébriles face à cette seconde relecture de Pet Sematary, l’un de ses plus grands romans. Peut-être aurait-on enfin droit à un long-métrage aussi sombre et terrifiant que le bouquin?

Trente ans se sont écoulées depuis la première adaptation de la cinéaste Mary Lambert. Loin d’atteindre la qualité du roman, ce premier film, pourtant scénarisé par King lui-même, synthétisait trop sommairement ce que l’auteur avait étoffé dans un récit dont l’épaisseur était digne d’un dictionnaire. Si amusant fut-il, les amateurs de King pouvaient facilement le percevoir comme une adaptation inachevée à laquelle il aurait manqué vingt ou trente minutes pour approfondir davantage. Cela dit, la réalisatrice nous avait concocté ce qui est devenu avec le temps plusieurs scènes d’anthologies. Qu’il s’agisse du cercueil de Gage que l’on renverse lors des funérailles, des apparitions de la terrifiante Zelda, ou même du ton prophétique et fataliste de Pascow, ce premier Pet Sematary a su proposer des images qui ont trouvé un statut presque iconographique au sein du milieu de l’horreur.

Peu de qualificatifs ne sauraient toutefois exprimer l’embarras ressenti par les fans à la fois de King et du film original avec ce nouveau long-métrage. Depuis des mois, les millions déployés en publicité ont presque réussi à nous faire croire que le film allait être de qualité. Sans être aussi minable que le remake de Carrie de 2013, nous sommes tout de même confrontés ici à un film bâclé, qui s’éloigne encore plus du roman que la version de 1989.

Réalisé par Kevin Kölsch et Dennis Widmyer (Starry Eyes), cette nouvelle édition n’est qu’une photocopie aseptisée du film original. Au lieu de nous offrir l’ultime version, on a eu la paresse de reproduire bêtement ce que Lambert nous avait offert, en y apaisant les touches malaisantes, possiblement pour s’assurer que ces chers adolescents puissent pouvoir rehausser le box-office. Cela explique peut-être que les critiques qui affectionnent moins le genre y trouvent satisfaction. Une à une, on aligne les scènes clés du premier film en nous proposant un penchant presqu’infantilisant.

La réalisation multiplie les motifs racoleurs et laisse peu de place aux profils psychologiques des protagonistes. Même la musique du maître Christopher Young, qui a signé la plus belle trame de toute la saga des A Nightmare on Elm Street et la superbe musique d’Hellraiser, semble plus quelconque qu’à l’habitude.

Les effets de terreurs sont pour la plupart complètement ringards et prévisibles. Impossible de ressentir la moindre frayeur et de se faire surprendre. On connaît la chanson, comme on aime le dire. Pourquoi a-t-on voulu assagir à ce point ce que plusieurs qualifient comme le roman le plus terrifiant de King? Plusieurs éléments de la structure de ce remake s’effondrent alors que cette dédramatisation se commet parfois dans les invraisemblances.

Outre la jeune Jeté Laurence, les acteurs peinent à débiter avec crédibilité leurs dialogues. Il faut dire que le scénario ne leur offre que peu de chances de briller. Dommage que l’on n’ait pas su utiliser plus judicieusement John Lithgow, qui aurait eu avantage à être plus présent.

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