[Critique] The Silence: quand les nanars se prennent au sérieux

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Une famille comptant une jeune fille malentendante tente de survivre alors que des créatures volantes avec une ouïe particulièrement aiguisée chassent en groupe dès qu’ils entendent le moindre son. Ça vous dit quelque chose? Oui, c’est exactement le même point de départ que A Quiet Place. Ajoutez à cela quelques éléments de Bird Box et vous obtenez The Silence.

Alors que le début du film tente de nous rendre sympathique la famille, on ne peut pas s’empêcher d’éprouver un certain malaise en voyant Kiernan Shipka (Chilling Adventures of Sabrina) jouer les malentendantes après avoir vu l’excellente Millicent Simmonds, une actrice qui souffre réellement de ce handicap, dans A Quiet Place. Et si seulement c’était le seul problème!

L’un des éléments les plus réussis du film A Quiet Place était ces parfaits silences qui commandaient le téléspectateur de lui accorder toute son attention. The Silence tente timidement le même coup à quelques reprises, mais ces moments semblent mal choisis alors qu’ils ne contribuent jamais à augmenter la tension. Tout tombe à plat.

Les créatures supposément terrifiantes s’avèrent plutôt mignonnes et ressemblent à un mélange entre un ptérodactyle et une chauve-souris. Par ailleurs, vous remarquerez tout au long du film qu’elles semblent avoir une ouïe sélective. Puis à chaque mort ou sacrifice, on essaie désespérément de nous forcer à vivre une émotion en utilisant les ralentis. Et heureusement pour l’adolescente sourde et son intérêt amoureux de qui elle est séparée, l’essentiel résiste au chaos: ils ont accès à l’électricité, à l’internet sans fil et au réseau cellulaire.

Éventuellement, comme si on avait réalisé que les créatures n’étaient pas assez terrifiantes pour nous captiver, le film nous sort de nulle part une secte absurde pour nous prouver que les humains aussi sont méchants. Malheureusement, rien de tout cela qui parvient à rendre le film intéressant. Tout devient une catastrophe: du scénario de Carey et Shane Van Dyke (Chernobyl Diaries) inspiré du roman de Tim Lebbon, jusqu’à la réalisation de John R. Leonett (Annabelle). Même l’acteur Stanley Tucci (The Hunger Games) semble s’ennuyer à mort dans le film.

Le film tente de se faire sérieux en nous faisant la morale sur tout un tas de sujets lourds comme l’intimidation et l’environnement, mais les répliques ridicules qui s’enchaînent entre deux silences mortels prouvent que The Silence est simplement un nanar qui ne s’assume pas. Un film à fuir comme la peste.

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