[Critique] The Turning: un tour de trop?

Note des lecteurs16 Notes
2.5
Note Horreur Québec

Kate Mandell quitte son emploi de professeure pour devenir tutrice auprès d’une jeune fille vivant recluse dans un grand domaine gothique. Lorsque le frère aîné de cette dernière est renvoyé du pensionnant qu’il fréquentait, Kate doit négocier avec un jeune homme troublé qui saisit toutes les occasions de la confronter. Des manifestations surnaturelles commencent alors à survenir, tandis que Kate creuse dans le passé du domaine et s’interroge sur la disparition de la femme qui l’a précédée à son poste.

On a ici affaire à une nouvelle interprétation du roman classique d’Henry James The Turn of the Screw, qui a déjà été porté à l’écran à quelques reprises et sera même adapté une seconde fois cette année par Mike Flanagan. Plusieurs romans de hantise parus durant la période victorienne se sont intéressés à des cas de psyché féminine fracturée et The Turn of the Screw est l’un des plus célèbres. Son ambiguïté et sa fin abrupte étaient ses marques de commerce. Encore aujourd’hui, on débat sur l’interprétation à donner au récit.

Ce sont les frères jumeaux Chad et Carey Hayes (The Conjuring et sa suite) qui ont signé la première version du scénario de The Turning. S’ils collent majoritairement à l’intrigue originale, ils ont modernisé certains thèmes du récit. Le film explore les notions de transmission du mal et d’abus mental. Il propose d’ailleurs une finale assez osée qui est garantie de diviser. Dans le rôle principal, Mackenzie Davis (Always Shine) capture bien une protagoniste dont la prise sur le réel se dégrade considérablement au courant de l’intrigue. La jeune Brooklyn Prince, découverte dans le formidable The Florida Project, est tout aussi charmante ici. Quant à Finn Wolfhard (Stranger Things), il mord dans un personnage à haut niveau de toxicité.

La cinéaste italienne Floria Sigismondi, qui a tourné des dizaines de vidéoclips pour les plus grandes stars musicales de la planète, a choisi The Turning afin d’en faire son deuxième long-métrage. Le fait que l’intrigue se déroule dans les années 90 convient à ses sensibilités esthétiques et musicales. Elle manie les ombres avec adresse. Comme dans plusieurs films psychologiques du genre, on cherche moins à créer des séquences à jump scares qu’à représenter l’état mental d’une personne par des méthodes expressionnistes. La direction artistique est très accomplie.

Malgré toutes ces qualités, le projet ne convainc pas entièrement. Quand une histoire a été racontée aussi souvent (notamment par The Innocents, chef-d’oeuvre de Jack Clayton), il est difficile de ne pas céder au jeu de la comparaison. Le rythme s’avère inégal, les dialogues sont par moments grossiers et on garde l’impression que le film ne va pas au bout de ses idées…  Ce qui s’explique peut-être par une production troublée. D’ailleurs, certaines scènes marquantes de la bande-annonce brillent par leur absence dans le produit fini.

Zeen is a next generation WordPress theme. It’s powerful, beautifully designed and comes with everything you need to engage your visitors and increase conversions.