[Critique] The Vast of Night: sous le radar à ovnis

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4
Note Horreur Québec

Nommé pour le prix du public Temps Ø au FNC en 2019 et arrivé au printemps dernier en exclusivité chez Amazon Prime, The Vast of Night est mystérieusement passé inaperçu sur notre radar à ovnis cinématographiques. Le temps des Fêtes propice au rattrapage nous fait découvrir une véritable petite pépite de la science-fiction, qu’on ne peut passer sous le silence plus longtemps.

À la fin des années 1950 au Nouveau-Mexique, deux adolescents, l’une standardiste et l’autre animateur de radio, perçoivent un étrange signal sonore qu’ils décident de diffuser en ondes. Ils recevront l’appel d’un ancien militaire qui les informera qu’un objet non identifié survole présentement le ciel de la petite ville.

The Vast of the night affiche filmInspiré de deux cas étranges — l’Incident de Kecksburg, que plusieurs ufologues ont décrit comme un crash d’OVNI observé dans six États américains ainsi qu’en Ontario en 1965, et celui de mystérieuses disparitions au réservoir Foss de la rivière Washita en Oklahoma en 1969 et 1970 —, The Vast of Night se concentre davantage sur ses personnages au niveau du terrain que sur les événements inquiétants qui se déroulent dans le ciel. Il s’agit donc d’un film plutôt verbeux, qui pourrait pratiquement être adapté pour les planches, où on écoute avec intérêt ces échanges de la standardiste et les appels téléphoniques que reçoit l’animateur dans un brillant hommage à la science fiction des années 1950 et 1960.

Avec sa première réalisation autofinancée, l’Américain Andrew Patterson impressionne grandement. Sa caméra très immersive propose de longs plans-séquences de ces discussions intrigantes et se promène en compagnie des adolescents et entre la centrale téléphonique et le gymnase de l’école, où une importante partie de basketball se déroule, pour un tour guidé complet de cette nuit d’été fatidique. Un grand souci du détail a été apporté aux reconstitutions, et le cinéaste imagine des transitions inventives avec de vieux téléviseurs cathodiques entre certaines scènes. Le spectateur se retrouve littéralement sur les lieux et à cette époque.

Sierra McCormick (VFW) et Jake Horowitz (Castle Freak 2020), qui portent le film, livrent des interprétations extraordinaires de ces deux adolescents curieux de percer le mystère. Certains détails dans leur jeux agacent néanmoins: la première devient plutôt criarde lorsque les événements s’enchaînent en fin de parcours, et l’accent très prononcé du second vous donnera certainement un peu de fil à retordre. Au scénario, on a la bonne idée d’évoquer un certain flirt entre ces personnages attachants sans s’emmêler les pattes dans l’histoire d’amour à grand déploiement.

The Vast of Night traite de ce phénomène inexpliqué d’une manière comme on l’a encore peu vue en science-fiction. Profitez donc de ces derniers jours de 2020 pour découvrir l’une des meilleurs productions indépendantes de l’année.

Merci à Steven Lefrançois pour la suggestion.

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