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[Critique] «X»: sexe, drogue et massacre texan

Ti West, l’un des cinéastes les plus appréciés du genre, est enfin officiellement de retour à l’horreur avec X. En effet, outre le western Blumhouse In a Valley of Violence et ses nombreuses collaborations télévisuelles des dernières années (voir la percutante série Them), près d’une décennie s’est déjà écoulée depuis son found footage The Sacrament. L’homme fait les choses en grand pour l’occasion et se joint à la prestigieuse maison de production A24 dans une proposition des plus intrigantes où les chaires fraîches seront à la fois dénudées et découpées.

En 1979, une équipe se rend sur une petite ferme isolée du Texas pour tourner un film pour adultes. Le propriétaire, qui leur a loué un petit chalet à proximité de sa demeure, les accueille de manière plutôt cavalière. Alors que le tournage débute, les jeunes adultes découvrent que leurs hôtes s'intéressent d'un peu trop près à eux. 

X est un excellent compagnon au culte The House of the Devil du cinéaste. Alors que la production de 2009 reproduisait fidèlement l’ambiance des années 80 et de sa «panique satanique», cette dernière s’attarde maintenant sur les années 70, où le mouvement d’amour libre montrait toujours bien haut son doigt d’honneur à l’institution religieuse et ses valeurs familiales traditionnelles.

X affiche film

Le film suinte surtout The Texas Chain Saw Massacre — l’original, bien sûr (on y revient toujours) — par tous les pores de sa pellicule. Certaines prises de vues, notamment lorsque les personnages pénètrent dans la maison du couple âgé, citent directement le classique de papa Hooper. Même si les décors et recréations s’avèrent très justes, c’est la stylistique visuelle complète de l’époque que West arrive à capter — comme il l’avait si bien fait avec THotD finalement. En plus des prises de vues typiques, le montage alterne avec l’image granuleuse de la caméra vintage utilisée pour le tournage porno, créant ainsi une réciprocité plutôt rythmée avec le récit. Parce que oui, même si on se retrouve dans l’univers d’un slasher, on reste aussi ancré dans celui du cinéaste qui prend toujours bien son temps avant d’enfoncer le clou.

Lorsque le personnage de RJ (Owen Campbell, Super Dark Times) s’exclame «It is possible to make a good dirty movie!», le message est on ne peut plus clair. Le caméraman s’affaire en effet, à l’image de West, à travailler chacun de ses plans pour offrir un produit plus recherché.

Un slasher plutôt déviant

Et X va plus loin que le simple hommage au slasher. À mi-chemin, la production emprunte une direction différente (on évoque même le clash de Psycho), notamment au sujet de ses vilains. Il s’agit d’une hache à double tranchant. Si d’un côté, on salue l’audace d’avoir voulu essayer «autre chose» dans le genre, le phénomène désamorce grandement la tension pour le reste de l’intrigue. Puis il faut dire qu’après avoir offert une opposition intéressante entre l’âge et beauté, X retombe bien vite dans ses vieux souliers, où ce qu’il avait voulu construire de plus sensible se consume sous nos yeux. Dans cet ordre d’idée, et en faisant fi d’une certaine trouvaille ingénieuse qu’on préfère taire pour garder la surprise, les moments où l’on tente de révulser le spectateur avec des gros plans de peaux flétries s’avèrent plutôt juvéniles. À cela, on doit ajouter les dénouements qui s’enchaînent de manière plutôt prévisible, quoique très satisfaisante, lors du dernier acte.

Autrement, X aguichera n’importe quel fan de la filmographie unique de West et s’inscrit parmi ses meilleurs coups depuis THotD et The Innkeepers, en plus d’être son plus brutal. Scott Mescudi alias Kid Cudi est hilarant dans son rôle d’acteur porno super-performeur et il en va de même pour Martin Henderson (The Strangers: Prey at Night) en producteur enthousiaste, bobettes en prime. Mais c’est sans surprise le trio Goth-Snow-Ortega qui brille. Certains commentaires délicieux passent dans la bouche du trio, notamment lors d’une scène d’après-tournage qui s’enflamme et nous fait regretter de ne pas les avoir eu plus souvent toutes ensembles à l’écran. Mia Goth, qu’on a entre autres vu dans A Cure for Wellness et le remake de Suspiria, vient en particulier confirmer ici son récent statut de scream queen.

Voyez notre entrevue spéciale avec le cinéaste Ti West.

Note des lecteurs4 Notes
Points forts
L'hommage aux années 70 et à l'art de la réalisation
Une rupture de ton audacieuse
Le casting virtuellement parfait
Points faibles
Certains dénouements prévisibles
Un commentaire sur la beauté éphémère qui fait fausse route
4
Note Horreur Québec

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