[Fantasia 2018] Chained for Life: fabriquer la peur et l’amour

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8.2

Lors d’un tournage d’un film d’horreur qui semble de plus en plus exploiter les difformités des acteurs engagés, la réalité et la fiction deviennent difficilement dissociables.

Il faut bien admettre que la section Camera Lucida aura été le plus beau cadeau de l’édition 2018 de Fantasia. À une semaine de la clôture du Festival, les titres de cette catégorie continuent à nous épater. Chained for Life est une petite merveille qui s’amuse à poser une série de questions éthiques et politiques tout en s’amusant avec les codes du cinéma d’horreur et celui du septième art en général. Bien sûr, le spectateur assoiffé d’une trame horrifique risque de trouver le temps long, car ici l’épouvante prend forme sous les traits d’une espèce de thèse en images, nous peignant plusieurs tendances de ce type de longs-métrages.

Bien dommage pour les spectateurs moins friands d’exercices filmiques, parce que ce jeu entre création et vie réelle prend une ampleur cinématographique colossale. On pense, certes, au Opening Night de John Cassavetes, où Gena Rowlands perd le sens de la réalité sous l’anxiété de son éventuel retour sur scène. Le style du réalisateur emprunte autant à Federico Fellini, Woody Allen ou Ingmar Bergman. Tout ceci semble loin de ce à quoi peut s’attendre un fan d’horreur à priori, pourtant, le film d’Aaron Schimberg offre une relecture du Freaks de Todd Browning, quand il nous expose au film tourné par les protagonistes. Il prend d’ailleurs le titre Chained for Life, pour faire référence au film d’exploitation éponyme tourné en 1952, racontant le destin de sœurs siamoises.

Le scénario bavard de Schimberg possède plusieurs répliques grinçantes et pousse intelligemment la réflexion sans pour autant prémâcher les conclusions pour nous. Sa mise en scène est experte autant dans sa direction d’acteurs que dans son utilisation du montage et des éclairages. Minutieux pour capter les rapports humains, le cinéaste l’est tout autant pour créer une ambiance plus glauque.

Jess Weixler (Teeth) est tout simplement exquise aux côté d’Adam Pearson (Under the Skin), réellement atteint de neurofibromatose type 1, qui est quant à lui impressionnant et touchant.

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