[Festival Fantasia] Sator: entre réalité et fiction

4.5
Note Horreur Québec

Présenté en première mondiale à Fantasia, Sator est un film d’horreur psychologique qui se penche sur l’histoire d’Adam (Gabe Nicholson), un homme qui vit isolé dans la forêt où il reçoit parfois la visite de son frère, Pete (Michael Daniel). Au fil du temps, Adam semble de plus en plus intéressé par les histoires de sa grand-mère Nani (June Peterson), qui affirme avoir un lien spécial avec un puissant esprit qu’elle nomme Sator.

Sator, c’est l’histoire de la grand-mère du cinéaste du film, Jordan Graham, qui croyait véritablement en cet esprit au nom très lointain qui renvoie à un parfait palindrome de mots latins sous forme de carré magique. Cette même grand-mère qui oubliait ses proches alors qu’elle était atteinte de démence, mais qui n’a jamais oublié Sator. La voir parler ainsi avec conviction «d’écriture automatique» et de cet esprit est franchement perturbant et pourrait faire douter les plus sceptiques.

Sator affiche film

Le réalisateur s’amuse ainsi à mélanger la réalité et la fiction pour créer une certaine confusion, en confrontant nos croyances et en jouant avec la peur de la maladie mentale et de son facteur héréditaire. Graham a donc exploité l’histoire de sa propre famille pour en faire un film terrifiant et universel qui ne tombe jamais dans la facilité.

Avec son rythme lent, ses nombreux moments de silence et ses images à couper le souffle, le film s’impose comme une oeuvre à part dès le départ et parvient à créer des malaises grâce à son ambiance oppressante et ses sons angoissants. Et que dire de la lumière si parfaite pour chacune des scènes!

Après la projection, Graham a expliqué avec beaucoup d’émotions à quel point il s’agissait d’un film personnel. C’est lui qui l’a scénarisé et réalisé, mais il a aussi assuré la direction de la photographie, la musique, le montage et la production. Bref, pendant cinq ans, il a tout fait lui-même… même construire la cabane en bois! La seule chose qu’il n’a pas faite, c’est jouer dans son propre film.

Sator souffre peut-être de quelques longueurs, mais il arrive à captiver jusqu’à la fin malgré tout grâce à l’incroyable talent de son chef d’orchestre.

Consultez notre couverture Fantasia 2019

 

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