Happy Hunting: aller à la chasse sans poudre ni plomb

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Un alcoolique se voit forcé de participer à une chasse à l’homme dans le désert où lui et plusieurs autres hommes seront le gibier d’une communauté de psychopathes.

Merveilleusement photographié et bénéficiant d’une superbe musique, Happy Hunting souffre d’un scénario n’offrant aucune surprise. Il faut aussi admettre que tous les scénaristes et cinéastes ne sont ni Tarantino, ou encore les frères Coen, pour nous rendre des personnages de paumés attachants. Recyclant vulgairement les rouages ayant fait le succès du grand classique The Most Dangerous Game, les cinéastes Joe Dietsch et Louie Gibson maîtrisent plusieurs éléments du langage filmique, mais semblent davantage vouloir nous exposer leur savoir-faire, que de créer un suspense. Cette tentative reste de loin moins efficace et amusante que le film de 1932, dont on s’inspire, qui ne durait que 63 minutes. Le long-métrage produit par la RKO était davantage exotique et prenant.

À ce titre, soulignons également la platitude du massacre. L’hémoglobine n’est pas une nécessité au cinéma d’horreur. Pourtant, quand on nous confronte à un environnement hostile, des scènes d’une violence plus viscérale peuvent parfois renforcer la tension. Ce n’est absolument pas le cas de Happy Hunting. C’est-à-dire qu’aucun meurtre n’est vraiment mémorable. Si le tandem à la réalisation maniait plus nerveusement le suspense, il aurait pu compenser cette faille en dressant un partie pris esthétique des scènes de violence en offrant un massacre digne de Greg McLean (Wolf Creek), ou encore du mécompris Rob Zombie (31).

L’acteur Martin Dingle Wall s’investit pleinement dans son rôle de toxicomane et ce, malgré des dialogues rarement à son avantage. Les autres interprètes jouent aussi avec une certaine conviction, mais leurs personnages n’ont pas la moindre épaisseur.