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L’asile du Dr Moreau est une pièce de théâtre interactive, à mi-chemin entre le jeu d’évasion et le parcours de peur, qui nous est présentée par la troupe Les comédiens sans bagage au Centre d’interprétation historique de Sainte-Foy. Les spectateurs deviennent des savants volontaires et doivent faire leur enquête.

Ce qui nous a emballé

Pour la modique somme de 20$ par personne, on nous offre un divertissant spectacle qui célèbre à la fois le côté historique du lieu en nous permettant de visiter les trois bâtiments du parcours, et la période de l’Halloween en créant une pièce immersive aux thèmes horrifiques. Niveau frayeur, le lieu impressionne moins que la Vieille Prison de Trois-Rivières qui propose aussi ce genre de jeu, mais la mise en scène réussit à rendre lugubre une architecture plus sacrée et certains décors mis en place nourrissent une interaction intelligente entre les comédiens et les invités.

Impossible d’extrapoler sans en dire trop, mais disons simplement que la première vignette officielle du trajet vaut à elle seule le prix du billet.

Comme le titre le laisse entendre, le récit tire son inspiration du roman The Island of Dr. Moreau écrit par H.G. Wells. L’idée était originale, puisque les différents parcours hantés des dernières années renfermaient tous des zombies et des esprits démoniaques. Pour avoir participé à plusieurs d’entre eux, ce nouveau thème fait l’effet d’une bouffée d’air frais.

Les acteurs jouent très bien et font de leur possible pour faire participer les observateurs plus passifs. Il me faut admettre que sommes tombés sur un groupe peu enthousiaste lors de notre visite, où les gens parlaient entre eux au lieu de suivre l’intrigue. Les comédiens savaient pourtant comment réanimer leur flamme.

Dans le rôle du professeur Moriarty Moreau, l’interprète Carlo Alberton était particulièrement convaincant. En fait, le succès de l’ensemble lui doit beaucoup. Aussi démoniaque que fascinant à suivre, il nourrit grandement le spectacle en étant à la hauteur du rôle.

Ce qui nous a moins emballé

Le plus gros bémol de toute cette aventure est qu’elle accueille trop de joueurs en même temps. Plusieurs spectateurs pouvaient à peine participer au dénouement et en comprendre les actions tellement le groupe était grand. Cela tue le suspense du plateau final, pourtant assez bien orchestré au niveau de l’histoire. Le comparatif avec d’autres parcours de la sorte s’impose et en général, on ne dépasse que rarement la douzaine de candidats.

Avec le patrimoine de cette infrastructure agréable à parcourir, il est dommage qu’on la masque en asile au lieu de mettre en scène directement l’église Notre-Dame-de-Foy et son presbytère. L’idée de nous vêtir d’un sarrau et de lunettes aurait pu être intéressante si on avait eu davantage de grandeurs à proposer que moyen et grand. Vous devinez les embarras que cela a pu causer. Difficile de proposer une activité pour adultes sans imaginer l’inconfort des personnes portant un costume non ajusté à leur taille. Si vous êtes dans très-grand ou plus, mieux vaut apporter votre propre chemisier ou simplement refuser d’en porter, puisqu’ils sont très facultatifs.

Le trajet dure environ 60 minutes, on vous demande d’arriver 30 minutes d’avance, en nous spécifiant que les festivités en durent 90. Cette tactique manque vite de transparence, puisque ces 30 minutes additionnelles, qui devaient servir à nous mettre dans l’ambiance, servent surtout à nous vendre des friandises et des breuvages. Si vous tombez sur une journée froide, il faut bien vous vêtir puisque cette ouverture a lieu à l’extérieur, dans les vestiges mythiques de l’église. Évidemment, le décor est splendide et les actrices sur place sont savoureuses au possible, mais ce segment devient presque un épisode de sollicitation.

Une visite recommandée

Si vous souhaitez vous y amuser, vous en aurez pour votre argent. En revanche, le parcours n’est pas des plus effrayants. Si l’absence d’épreuves physique peut s’avérer un avantage, le manque de frissons est plus déplorable.

Au final, la visite vaut amplement son coût, mais si vous êtes un habitué de ces trajets, il ne faut absolument s’imaginer que vous en sortirez terrifié, comme le furent certains en traversant les catacombes de la Vieille prison, infestés de silhouettes inquiétantes il y a quelques années.

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