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Dans le cadre de ma dernière chronique à Radio X-Files, j’ai décidé de revenir sur le film de possession démoniaque Deliver Us From Evil. Sorti en 2014, le long métrage s’inspire de la vie de Ralph Sarchie, un sergent à la retraite de la police new-yorkaise devenu démonologue, interprété par Eric Bana (Hulk, Chopper). Le policier se retrouve confronté à un démon qui a pris possession d’un marine durant une intervention militaire en Irak. Eh oui, à l’instar de The Exorcist, Deliver Us From Evil débute dans ce pays sous tension, ravagé par la guerre depuis l’invasion américaine en 2003.

Deliver Us From EvilDeliver Us From Evil a été réalisé par Scott Derrickson, un cinéaste abonné aux films d’horreur (The Exorcism of Emily Rose, Sinister et Hellraiser V: Inferno). C’est également lui qui a mis en scène Doctor Strange avec l’excellent Benedict Cumberbatch dans le rôle principal.

Flic et chasseur de démons

Ralph Sarchie a grandi dans une famille catholique et a été élevé dans l’amour du Christ, mais il semble que sa foi n’était pas très forte au début de l’âge adulte; un élément de sa vie d’ailleurs repris dans le film. Cela ne l’a pas empêché de ressentir le besoin d’aider son prochain et de s’engager dans la police. L’homme a servi dans les forces de l’ordre pendant plus de 16 ans, dans le sud du Bronx.

Au cours de ces années, il a été témoin de plusieurs crimes violents et a résolu de sombres affaires qui l’ont amené à croire que les vivants n’étaient pas les seuls responsables du mal sur Terre. Cette expérience l’a convaincu que des démons ou des fantômes pouvaient eux aussi commettre des crimes ou pousser des personnes à commettre l’irréparable, ce qui lui a permis peu à peu de retrouver la foi.

Cette renaissance spirituelle l’aurait motivé à étudier la démonologie et à fréquenter Ed et Lorrain Warren, le célèbre couple de chasseurs de fantômes qui a entre autres travaillé sur le cas de la maison d’Amityville et a été popularisé au cinéma avec l’univers de The Conjuring, qu’il a accompagnés dans certaines de leurs enquêtes.

La démonologie et les cas de maisons hantées sont alors devenus l’obsession de Ralph Sarchie, qui s’y consacre maintenant à plein temps avec son coéquipier Mark Stabinski.

Mark Stabinski Ralph Sarchie

Mark Stabinski et Ralph Sarchie

Selon ses dires, Sarchie aurait participé à 25 exorcismes et à plus d’une cinquantaine d’investigations mystiques. Il n’a toutefois jamais fait son séminaire auprès du Vatican et reste un démonologue non-ordonné par l’église catholique. Plusieurs critiques reprochent d’ailleurs à l’ancien policier d’être persuadé que tout est relié au Diable et aux démons, laissant peu de place aux explications plus rationnelles — reproches qui ont été également faits au sujet du couple Warren.

Lors d’un entretien avec TheBlaze, un média conservateur américain, Sarchie a déclaré qu’il «n’a jamais accepté un sou pour son assistance» et qu’il finance lui-même ses activités.

Se méfier de la nuit

En collaboration avec l’auteure Lisa Collier Cool, Sarchie coécrit en 2004 le livre Beware the Night dans lequel il raconte son parcours et ses enquêtes paranormales. Le livre a été un succès immédiat. Il faut dire que le fait qu’un flic de New York se présente comme un démonologue a de quoi attirer l’attention. L’accroche est plutôt vendeuse, voire racoleuse.

Sarchie y décrirait entre autres l’histoire d’une jeune fille ayant été violée par un incube, d’une maison envahie par l’esprit malveillant d’une épouse supposément assassinée du XIXe siècle, le récit d’un couple qui était voisin de l’enfer, rien de moins, et finalement, les rituels effroyables d’un prêtre de Palo Mayombe, une religion pratiquée à Cuba et à Miami où croyances chamaniques africaines mélangent spiritisme, magie et catholicisme.

Si ce livre a servi de matériel de base pour la production de Deliver Us From Evil, peu d’événements relatés dans le livre demeurent dans le film, la plupart ayant été modifiés et réinventés par les scénaristes et les producteurs, ce qui a déçu quelques amateurs du paranormal.

Deliver Us From Evil

Pour ceux qui s’intéressent à la démonologie, le démon qui prend possession d’un soldat américain dans le film se nomme Gaziel, le prince de la Terre. Selon le site Journal-d-une-demonologue.fr, ce démon serait «chargé de la garde des trésors souterrains, qu’il transporte d’un lieu à un autre pour les cacher des hommes». On dit également qu’il inspire la terreur en faisant de grands bruits de cloches et de clochettes, sans compter qu’il aurait la capacité de ranimer les cadavres. Enfin, ce serait lui qui ferait souffler le vent enflammé et qui ébranlerait les fondements d’une maison. Donc, si votre sallage est craqué, vous savez à qui vous devez vous plaindre.

La réception du film

Si les critiques ont été mitigées lors de la sortie du long métrage, cela ne l’a pas empêché d’avoir un certain succès au box office. En effet, Deliver Us ne réinvente pas la roue, mais demeure un bon divertissement qui mêle efficacement le polar et le film d’horreur. La recette pourrait être très intéressante en série télé, le concept faisant penser à deux séries des années 1990 issues de l’imagination de Chris Carter: The X-Files et Millenium. Le film se conclue sur une scène d’exorcisme plutôt réussie, prenant place dans une salle d’interrogatoire.

Si vous souhaitez en savoir davantage sur Ralph Sarchie, un reportage tourné pour faire la promotion du film est disponible sur YouTube. Vous pouvez également suivre ses aventures grâce à l’émission Demon Files qu’il anime et dans laquelle il se rend dans des maisons abritant des esprits démoniaques afin de les exorciser.

Deliver Us From Evil est actuellement disponible sur Netflix et différentes plateformes de VSD ou encore dans les clubs vidéo, quoique ceux-ci sont devenus quasiment aussi difficiles à trouver que le Bigfoot.

Pour (ré)écouter la version radiophonique de cette chronique, cliquez ici.

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