[⏪ On rembobine] Black Christmas (2006): vive le sang d’hiver

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2.5
Note Horreur Québec

Comment faire le remake d’un film d’horreur subtil avec l’un des bogeymen les plus mystérieux de l’histoire du cinéma? En proposant l’une des productions grand public les plus «over the top» et inutilement gore des années 2000, avec un tueur dont on étale la biographie complète, voyons! Ça semble évident, non? Du moins, c’est ce qu’on peut déceler derrière la volonté des producteurs de ce premier remake de Black Christmas. On dit les producteurs, car le réalisateur Glen Morgan (le remake de Willard) a complètement désavoué le film et affirmé publiquement que les frères Weinstein avaient uriné dessus. Difficile, en sachant cela, de faire une analyse impartiale du résultat. En effet, malgré un effort de la part du réalisateur pour imposer ses thématiques, le long-métrage sur lequel on se penche est un produit difforme, qui va dans tous les sens. Est-il mauvais pour autant? Pas nécessairement, mais il est certain que le produit fini est en demi-teinte. Impossible de savoir si le film aurait été meilleur si Morgan avait eu les coudées franches, mais il est évident que cela aurait aidé à garder un peu d’authenticité dans le projet.

Lacey Chabert and Kristen Cloke Black Christmas (2006)Comme son modèle, Black Christmas (2006) se concentre sur l’attaque, la veille de noël, d’une sororité par un tueur qui les harcèle au téléphone. Cela dit, dans la manière dont il est raconté, rien ne pourrait être plus différent que les deux films. Là où la version de Bob Clark utilisait une approche réaliste et minimaliste dans sa manière de filmer avec des caméras à l’épaule et à la première personne qui ne cadraient le tueur que par synecdoque, celle des Weinstein est lumineux, stable et ne laisse rien à l’imagination quant au tueur que l’on voit dans son intégralité à plusieurs reprises. Le film de 1974 ne donnait que de minuscules indices sur l’identité de son meurtrier du temps des Fêtes à travers des appels téléphoniques qui glacent le sang encore aujourd’hui. Celui de 2006 nous montre l’histoire de celui qu’il nomme Billy, de sa naissance jusqu’aux événements du films, rendant caduques les appels qui sonnent comme des mauvaises blagues de gamins stupides. Bref, là où le premier était, de par sa mise-en-scène et sa narration, à l’avant-garde du slasher moderne, le nouveau n’en est qu’un décalque oubliable dans la masse.

Cela dit, comme mentionné ci-dessus, cela ne fait pas de ce Black Christmas un si mauvais film pour autant. En effet, le remake a au moins le mérite d’avoir voulu essayer de raconter quelque chose de différent avec le matériel de base, ce qui est louable. L’histoire racontant la manière dont Billy est devenu un tueur est originale, mémorable et donne froid dans le dos, malgré les trous de scénario qu’elle apporte. De plus, même si cela donne un aspect moins réaliste au film, le choix des cadres, de la lumière et la photographie en général sont un des points forts du film, qui baigne dans une ambiance des fêtes palpable. L’autre élément appréciable est évidemment, pour ceux qui l’ont vu, le gore. Bien qu’il soit souvent injustifié, il y a du sang et des tripes au mètre carré, en plus d’une obsession bizarre pour l’arrachage des yeux qui sont filmés, chez les Weinstein, avec autant de fétichisme qu’avec les pieds chez Tarantino. Cet élément précis ayant été mis de l’avant par Morgan comme un point de divergence important avec ses producteurs, nous nous permettons de leur attribuer cela, en plus de la fin médiocre de la version cinéma issue des reshoots tournés sans le réalisateur.

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Bref un film étrange qui partait vraisemblablement de bonnes intentions à en juger par le soin apporté à la réalisation et au casting, dont on retiendra l’humour d’Andrea Martin, qui revient sous les traits de la «housemother», ainsi que les bonnes performances de Mary Elizabeth Winstead (10 Cloverfield Lane) et de Katie Cassidy (Supernatural, le remake de A Nightmare on Elm Street), mais qui peine à se distinguer des autres slashers inspirés par son modèle. Bien entendu, il reste qu’il y a un potentiel de «so bad it’s good» pour ceux qui apprécient les films improbables et sanglants, mais on suggère plutôt Silent Night, Deadly Night 2 ou la franchise des Gingerdead Man à ceux qui cherchent de vrais navets de Noël sympathiques.

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