[⏪ On rembobine] «Leprechaun 4: In Space»: ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe

NOTE DE RECOMMANDATION IRONIQUE6.5
Note des lecteurs2 Notes5.95
3

Attention: La série des Leprechaun ne contient aucun réel bon film. Cela dit, elle n’est pas à rejeter pour autant. Certains projets s’apprécient tout simplement sur une autre échelle de valeur plus ironique. Aussi, cette chronique affichera deux notes. Une sera plus objective et l’autre mettra de l’avant l’intérêt risible du film comme argument.

Dans un futur lointain, une équipe de mercenaires de l’espace sous les ordres d’un scientifique excentrique est envoyée sur une planète recouverte d’or. Un mystérieux extra-terrestre avec des boucles dorées sur ses chaussures s’en prend alors à eux. Croyant l’avoir éliminé, ils retournent à bord de leur vaisseau, ignorant tout du mal qu’ils ont à leurs trousses…

Leprechaun 4: In Space est, comme son nom l’indique, une aventure du farfadet maléfique dans l’espace. Fini les éléments de mysticisme liés à la culture irlandaise, ici, on est dans un monde de science-fiction. Le film, réalisé comme le précédent par Brian Trenchard-Smith (Night of the Demons 2), se débarrasse de toute la continuité instaurée par les premiers opus et fait du lutin un alien. D’ailleurs, jamais une fois dans le métrage on ne référera à lui en tant que Leprechaun. De plus, malgré le fait qu’il soit maintenant supposé être d’origine extra-terrestre, sa personnalité et son apparence ne changent pas et comme avant, il fait constamment référence à des éléments de pop-culture terrestre. Étrange, car des références, les humains en font aussi.

Donc, dans l’univers du film, John Wayne est connu de toutes les formes de vie de l’univers, mais le Magicien d’Oz est un produit terrien? Ou alors les personnages font ces références par hasard. En ce sens, espérons que Alien n’existe pas dans l’univers du métrage, parce que les personnages pourraient se faire une fortune en écrivant un film basé sur leur histoire. Le mercenaire principal Books (Brent Jasmer), devrait également écrire sur les vétérans de la guerre du Vietnam et sur le combat de la vie à travers le parcours d’un boxeur de Philadelphie. En jouant dans des films basés sur ces histoires, il aurait probablement droit à une belle carrière dans le Hollywood du futur…

Bon, on le comprendra, ce quatrième film est une mosaïque de plagiats extrêmement flagrante. Comme l’ennemi est un farfadet irlandais de l’espace, le tout passe vraisemblablement sous le couvert de la parodie, mais il n’en demeure pas moins que ce parti pris fait de ce volet le moins original de la série. Tout est extrêmement prévisible et cliché: la tension sexuelle improbable des deux protagonistes, le héros qui prend une balle dans le bras, le méchant indestructible, etc.

Résultat? De la lassitude, certes, mais à un certain moment, une étrange fascination. Comme le scientifique du film — un plagiat du Dr. Strangelove de Kubrick — on apprend à ne plus s’en faire et à apprécier la tragédie de notre situation en en relevant les bons points. On s’amuse du plaisir improbable qu’il y a à voir surgir le Leprechaun de l’entre-jambe d’un soldat en mode «chestburster» ou de l’apercevoir devenir géant à la fin du métrage. D’autant plus que l’ensemble est tellement édulcoré et bon enfant qu’au final la fatigue nous quitte et se voit remplacée par un demi-sourire incertain. En fait, Leprechaun 4, plus que tous les autres, est un cartoon. Bien entendu, il est fait de manière un brin cynique par des producteurs misant sur sa médiocrité et le vendant comme une comédie, mais il n’est pas pour autant inintéressant. Oui, les acteurs, les effets spéciaux et le scénario sont d’une médiocrité sans nom. Cela dit, le sang a disparu et les scènes de nudité gratuite sont réduite à une seule. Oui, cette scène est la plus gratuite de la saga, mais quand même il n’y en a qu’une. Il s’agit d’une mauvaise comédie, mais au moins elle semble un peu honnête dans son approche.

Bref, le produit est à mettre entre les mains des inconscients qui regardent la série des Leprechaun en entier. Probablement le pire film du lot (excluant le reboot de la WWE), mais celui qui fera débuter votre insensibilité à la bêtise hollywoodienne nécessaire pour regarder le reste de la saga. À demain dans le ghetto.

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