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Recommandations d’une étagère poussiéreuse: Richard Marquand, The Legacy, alias Psychose phase 3 (1978)
7Note Finale
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Pitchez-moi du monde dans un grand et vieux manoir et vous gagnerez mon attention. Saupoudrez l’action d’une intrigue à base de société secrète, d’occulte et de phénomènes surnaturels, vous aurez alors droit à mon inconditionnel amour.

Disons que j’ai quelques pêchés mignons en ce qui a trait au cinéma d’horreur et The Legacy (hors de question que j’utilise son titre français tout pourri) s’amuse joyeusement avec plusieurs d’entre-eux.

Dans The Legacy de Richard Marquand (Le Retour du Jedi), l’horreur plane continuellement au dessus des têtes des protagonistes sans jamais se manifester de façon trop flagrante. On a un peu alors le cul entre deux chaises et j’aurais tendance à classer le film dans un catégorie que j’appellerais thriller surnaturel.

Le film nous conte l’histoire de Margaret Walsh (Katherine Ross) et Pete Danner (Sam Elliott et son illustre moustache) qui, après un accident de la route dans la campagne britannique, sont invités à passer la nuit dans le somptueux manoir de l’homme qui les fit quitter la route. Au courant de la soirée, d’autres invités se joignent à eux et nous apprenons que l’hôte est mourant et qu’il est prêt à leur léguer son héritage. Un à un, les convives décèdent dans de mystérieuses circonstances…

The Legacy est plutôt un film qui se consomme comme une enquête. Un genre de partie de Meurtre et mystère surnaturel où le spectateur se plaît à suivre l’incompréhension grandissante des héros qui finiront tout de même par percer l’énigme entourant la réception qu’ils ne peuvent quitter. Laissez-moi prévenir ceux d’entre-vous qui sont plutôt friands de slashers, boucheries et autres joyeusetés gores: ce film n’est pas de ce genre. The Legacy se complaît plutôt dans le rythme lent et les traditionnels manoirs hantés anglais («à la Hammer»). Dans le fond, c’est plus un film d’ambiance. Je m’explique:

Considérons que le cinéma d’horreur est de manière générale un cinéma «d’effet» (souvent visuels). C’est par effusions de sang, apparitions spectrales, loups-garous et autres créatures monstrueuses que les cinéastes chers à notre coeur secouent le palpitant de leur audience — à la différence d’un genre tel que le drame mettons. Ce cinéma d’effet couvre bien entendu tout un spectre allant de films tels que The Blair Witch Project (dont les actions peuvent grosso-modo se résumer à une bande de jeunes qui marchent, et crient dans le bois) à The Thing (qui lui est plus une débauche d’effets spéciaux); The Legacy se trouverait alors plutôt du côté du premier.

Malgré ce constat qui pourrait décourager certains d’entre-vous de le regarder, le film offre son lot de petites surprises qui valent selon moi le détour. Le film se démarque surtout par sa mise en scène dont les ficelles Agatha Christiennes se mêlent à merveille à l’horreur: nageuse incapable de remonter à la surface de l’eau, dédale de routes de campagnes menant toujours au point de départ des conducteurs qui les empruntent, métamorphoses félines et omniprésence fantomatique… Ces scènes sont portées par un panel de personnages très stéréotypés: le musicien rebelle, la séduisante femme fatale, etc. Certains aficionados du cinéma de genre apprécient ce genre de personnages poncifs qui permettent d’avancer en terrain connu, ne laissant alors la place que pour les surprises de mise en scène que je mentionne ci-dessus.

Si votre imagination est capable de remplir les trous laissés par les incohérences qui parcourent ce genre de film, alors je gage que celui-ci saura titiller votre intérêt pour le cinéma de genre. Ne vous méprenez pas: je ne suis pas en train de vous recommander un film exempt de toute erreur de parcours. Il y en a plein à vrai dire. Mais, si comme moi il vous fait plaisir de venir visiter ce genre de cinéma une fois de temps en temps, alors The Legacy saura sûrement vous satisfaire car mérite plus que le peu d’intérêt qu’il a suscité jusqu’à présent.

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