[SPASM 2019] Les Insolites Québécois: le talent du Québec à l’honneur

La soirée Les Insolites Québécois à SPASM est l’occasion de découvrir des talents bien de chez nous et de voir les nouvelles créations des réalisateurs que l’on connaît déjà. Cette année n’y faisait pas exception et cette édition 2019 était beaucoup plus relevée que la précédente. Ce volet du festival a été une belle réussite et choisir trois étoiles “sataniques” a été un exercice pénible tellement la qualité était au rendez-vous.

N.D.L.R.: Les étoiles représentent les films préférés de la sélection de l’auteur.


Phratrie de Jérémie Saindon (2018, 13 min.)

Quatre frères vivant reclus avec leur père, chef d’une secte prétendant avoir des pouvoirs de guérison, accueillent leur mère après un séjour à l’hôpital. La réalisation de Saindon est soignée — c’est visuellement impeccable — et les quatre frères Schneider sont d’excellents acteurs. Seul problème: l’émotion ne passait pas toujours bien. Le résultat est froid et on dirait que Saindon a davantage misé sur le contenant plutôt que le contenu.

Phratrie film

 

Mon Boy de Sarah Pellerin (2018, 12 min.)

Louis, 17 ans, assiste à l’enterrement de vie de garçon de son frère et constate que ce rituel peut prendre des tournures pour le moins dramatiques. Pellerin a eu la brillante idée de raconter une histoire d’amitié masculine à travers les yeux d’un jeune homme témoin des comportements douteux des participants à la fête. Henri Richard-Picard (À tous ceux qui ne me lisent pas) livre une performance hallucinante dans son rôle de Louis et, avec peu de dialogues, parvient à faire ressentir toute l’émotion requise. Après une montée dramatique lors de la conclusion, on reste avec un malaise qui nous habite longtemps après. Très puissant comme court-métrage.

My boy film

Blast Beat de Pascal Plante (2018, 4 min.)

Il n’est pas facile de chanter du black métal et c’est ce que démontre le court-métrage de Pascal Plante. Tourné en noir et blanc, les acteurs font preuve d’une belle chimie. Corinne Cardinal, chanteuse, est tout à fait à l’aise et nous prouve ses talents avec sa magnifique voix. Alexandre Dostie (Je finirai en prison) est très drôle dans son rôle de gars motivé à apprendre les rudiments du black métal. Le résultat est fort divertissant.

Blast best film

La couleur de tes lèvres d’Annick Blanc (2018, 17 min.)

Un homme termine sa plongée sous-marine et s’aperçoit que s’il retire le détendeur qui lui permet de s’oxygéner sous l’eau, il ne peut plus respirer. L’air est devenu en un instant irrespirable. Il partira donc à la recherche de survivants. Le court de Blanc est d’une grande beauté. Le directeur photo, Derek Branscombe (Sediment), a fait un travail remarquable. On salue également l’originalité du scénario pour sa proposition rafraîchissante dans le genre post-apocalyptique, le tout rendu sans dialogue. Quoique sa conclusion est légèrement prévisible, il n’en demeure pas moins agréable de vivre cette aventure qui dégage étrangement une grande sérénité.

La couleur de tes lèvres film

Le jet d’Ève Dufaud (2019, 4 min.)

«Quand ils pissent debout, tous les hommes sont des œuvres d’art.» Telle est la phrase qu’Ève Dufaud a choisie pour décrire son court-métrage. Inspiré d’une nouvelle de Fanie Desmeules, Le jet est une espèce d’ovni rendant hommage au jet urinaire masculin. Bien réalisé et doté d’une excellente trame sonore, le court fait sourire en voyant la tête des hommes qui se soulagent.

Le jet film

Red Wine de Santiago Menghini (2018, 20 min.)

Après l’excellent Milk présenté lors de la soirée d’horreur en 2018, Menghini nous revient avec Red Wine, un thriller aux allures hitchcockiennes. Tout juste avant le début d’une soirée pour une oeuvre de bienfaisance, un homme en profite pour mettre du poison dans le verre de vin rouge de son patron. Malheureusement, les choses ne tournent pas comme prévues. Délaissant l’horreur, Menghini nous offre un vingt minutes des plus captivants et garde le spectateur bien assis sur le bout de son siège. Le scénario est ingénieux, sans temps mort et, effectivement, digne du Maître du suspense. Le cinéaste transforme le verre de vin en un personnage en soi. Chapeau monsieur Menghini!

Red wine film

Je finirai en prison d’Alexandre Dostie (2019, 23 min.)

Une femme malheureuse dans son mariage est prête à tout pour retrouver sa liberté et enfin s’épanouir. Le court-métrage de Dostie peut facilement se comparer au film Fargo avec son humour noir, ses personnages parfois colorés et son décor hivernal. Il a brillamment su mettre en scène l’histoire d’une femme, magnifiquement interprétée par Martine Franck, qui veut retrouver un sens à sa vie et se libérer de contraintes familiales. Un thriller fort réussi qui fait passer les spectateurs par une gamme d’émotion. Certainement, l’un de meilleurs courts de l’édition SPASM 2019. À voir!

Je finirai en prison film

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