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[TIFF 2018] The Wind: le vent de la folie
7Note Finale
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The Wind est le premier long métrage de fiction de la réalisatrice Emma Tammi, qui oeuvre habituellement dans le documentaire. L’inspiration du film reste pourtant ancré dans le réel, étant basé sur les journaux laissés derrière par les femmes souffrant de la folie des Prairies (Prairie madness), une affliction courante touchant les fermiers venus d’Europe pour coloniser les terres d’Amérique.

Lizzie (Caitlin Gerard, Insidious: The Last Key, The Social Network) et son mari vivent paisiblement sur la grande terre qu’ils occupent seuls depuis des années alors que de nouveaux arrivant viennent ébranler la routine de leur quotidien. Le jeune couple, composé d’Emma (Julia Goldani Telles, Slender Man) et de Gideon (Dylan McTee), s’établissant pour la première fois hors d’une région urbaine, semble s’adapter difficilement aux conditions hostiles de leur nouvel environnement. Si la doyenne tente tant bien que mal de prendre la jeune épouse sous son aile, la détresse de cette dernière ne fait que s’accroître alors qu’elle prétend inlassablement que des forces maléfiques tentent de lui faire du mal. Lizzie se retrouve soudainement forcée à faire face à ses propres démons.

L’histoire derrière The Wind n’est pas racontée de façon linéaire, parcourant constamment une fine ligne entre l’égarement et l’avertissement. La conclusion du premier acte nous est pratiquement révélée dès la première séquence alors que le focus est largement mis sur l’appréhension de ce qui reste à venir. Il est pourtant difficile de ne pas se demander si le dénouement final aurait été plus percutant si Tammi avait permis à cette tension de s’édifier par elle-même, sans autant de sauts dans le temps.

The Wind posterLe film jongle avec l’idée de la folie présumée des femmes sans ne jamais trop vouloir l’exploiter. Personne ne semble croire la pauvre Emma, particulièrement Lizzie, qui en sait pourtant plus qu’elle ne le laisse croire. De s’attarder quelque peu sur ce sujet aurait fait du film une oeuvre encore plus approfondie et surtout plus importante dans le contexte actuel. Malheureusement, ce potentiel n’est jamais pleinement réalisé et le film semble se lasser des relations entre ses personnages pour se concentrer sur les frayeurs qu’il a encore à offrir.

C’est lorsqu’il effectue son virage vers l’épouvante que The Wind brille pleinement. Ce vent dont fait mention le titre est omniprésent dans le film et porte avec lui des horreurs sans nom. Certaines scènes sont tout simplement terrifiantes, jouant habilement avec les attentes et les doutes des spectateurs. Bien qu’il s’agisse d’une première pour la réalisatrice, il n’y a aucun doute qu’elle sait maîtriser l’horreur. Les acteurs offrent pour la plupart des performances vraies et justes. Les lieux et décors utilisés semblent tout droit sortis du passé et s’ajoutent à une superbe cinématographie, le tout créant une atmosphère parfaitement complémentaire au thèmes abordés.

En somme, bien que The Wind ne soit pas un film parfait, il s’agit une excellente addition au genre et Emma Tammi se démarque comme une nouvelle cinéaste à suivre.

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