[TIFF 2019] Color Out of Space: la démence en chute libre

Note des lecteurs1 Note3.8
2.5
Note Horreur Québec

Color Out of Space, basé sur la nouvelle du même nom de H.P. Lovecraft, était présenté en première mondiale cette année au TIFF. Depuis son annonce, le film a généré énormément d’intérêt du non seulement à la popularité l’auteur fétiche du genre, Richard Stanley (Hardware), mais également car il signifie le retour du réalisateur à la fiction avec un premier long-métrage en plus de vingt ans.

La famille Gardener a récemment emménagé sur une propriété héritée par leur père, Nathan (Nicolas Cage). La quiétude de leur nouvelle vie est interrompue quand une météorite tombe du ciel, atterrissant pratiquement à la porte de leur demeure. Traitée d’abord comme une amusante curiosité, elle engendre rapidement d’étranges conséquences sur son environnement. La végétation prend une couleur singulière (présentée d’un teint de rose vif à l’écran) et les animaux disparaissent ou développent d’étranges mutations.

Lovecraft offrait peu de détails sur l’étendue des effets sur les Garneder, laissant place à l’imaginaire du lecteur, alimenté par sa peur de l’inconnu. Stanley lui, nous les présente en détails, dans un amalgame d’incidents horrifiques qui manque toutefois de cohésion.

Outre cet assortiment d’événements, certains aspects du film sont tout de même intéressants. Beaucoup d’effets pratiques ont été utilisés, rappelant ceux vus dans The Thing (2011) et souffrant tout autant de l’ajout de CGI, qui donne au film un look très série B n’ayant pas sa place au sein d’une production de cette envergure. Des personnages clés à l’histoire de Lovecraft sont également relégués à l’arrière-plan. Bien qu’il fasse quelques apparitions, le narrateur de la nouvelle n’a plus sa raison d’être et l’hermite du village (Tommy Chong), originalement témoin de l’affectation dont souffre les Gardener, est maintenant dépeint comme un vieux fou, un comic relief inutile dans un film qui manque trop souvent de sérieux.

Sur papier, Nicolas Cage semblait la casting parfait pour incarner la folie qui émane de l’ensemble de l’oeuvre de l’auteur. La frénésie de l’acteur avait sa place dans des films comme Mom and Dad ou Mandy, mais crée ici une rupture de ton. Bien que divertissant, l’homme devient une caricature de lui-même et, dépourvu de nuances, l’impact de sa descente dans la démence se perd. Les autres interprètes donnent bien le meilleur d’eux-mêmes, mais leurs personnages semblent tous jouer dans un film différent. On applaudit particulièrement la performance du jeune Julian Hilliard, aussi adorable que dans The Haunting of Hill House, qui semble être le seul à réellement appartenir à l’univers de Lovecraft.

Parmi toutes les adaptations du créateur du mythe de Cthulhu, peu ont réussi à connaître un certain succès. Au final, Color Out of Space est une adaptation intéressante offrant un bon divertissement malgré son manque de focus, mais qui n’arrive malheureusement pas à la hauteur des attentes, peut-être un peu trop élevées. On espère malgré tout que ce soit un retour définitif pour Stanley, qui a encore beaucoup à offrir.

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