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[Critique] 32 Malasana Street: 90 minutes de pur plaisir ruinées

Note des lecteurs1 Note
2.5
Note Horreur Québec

Shudder nous occupe de belle façon pour le mois d’octobre. Après la comédie d’horreur Scare Me, le film de possession The Cleansing Hour et l’anthologie The Mortuary Files, c’est au tour du film surnaturel espagnol 32 Malasana Street (Malasaña 32) d’arriver en exclusivité sur la plateforme. Le cinéaste Albert Pintó mentionnait en entrevue que son nouveau long-métrage contenait «en moyenne deux moments de frayeur par minute». Il n’avait pas tort.

On se retrouve à Madrid, dans les années 70, où la famille Olmedo débarque dans l’espoir de trouver une vie meilleure. Ils ont quitté la campagne pour emménager dans ce logement, rue Malasana, qui abrite également un lourd passé. Leur arrivée ne se déroulera pas comme prévue.

Inspiré d’une légende locale, 32 Malasana Street livre drôlement la marchandise côté épouvante. Les ambiances fonctionnent terriblement et nous rappellent les Conjuring de James Wan, avec ses gimmicks de la corde à linge fantôme ou du vieux respirateur artificiel de grand-papa. Pintó disait donc vrai; en plus de signer une réalisation très habile et plutôt inspirée, son film ne contient virtuellement aucun temps mort.

32 Malasana Street est en fait tellement occupé à nous effrayer qu’il oublie presque de nous raconter une histoire. Lorsque ça fonctionne de la sorte, on ne s’en plaint pas, mais n’empêche qu’on en apprend bien peu sur le passé sombre de notre famille, qui les a poussés à quitter la campagne qu’ils aimaient tant. Certains personnages, comme ceux du jeune homme Pepe et du grand-père, paraissent ainsi plutôt inutiles au déroulement de l’intrigue.

Heureusement, la distribution est très investie. Le film choisit la plupart du temps le point de vue de l’adolescente Candela pour générer un maximum d’empathie. À cet effet, la jeune Bea Segura remplit bien son mandat. Et lorsqu’on signe un film d’horreur espagnol, on se doit d’avoir Javier Botet au générique. Ne cherchez toutefois pas l’homme au corps singulier, qui incarne bon nombre de créatures difformes dans les productions horrifiques à la mode (sa meilleure restera toujours [Rec]), dans le rôle d’un fantôme. Botet y incarne enfin un rare rôle «humain».

Mais qu’est-ce qui se produit quand on est immensément diverti pendant 90 minutes, mais que les derniers instants d’un film viennent en totale contradiction avec vos valeurs personnelles?

Difficile d’aborder la question sans ne rien divulgâcher, mais disons que les thèmes abordés in extremis dans les derniers instants de 32 Malasana Street font reculer quelques causes d’une bonne décennie. On pense d’abord à ces scènes impliquant une femme quadriplégique médium, qui lévite et se contorsionne sous l’effet d’une possession; des moments peut-être très efficaces, mais assez néfastes quant à la représentation des personnes ayant un handicap dans les médias. Il en va de même quant au passé de notre fantôme, qui nous est dévoilé en fin de parcours et qu’on vous laissera découvrir. Ce glissement de terrain ultime n’avait rien de nécessaire et dépeint malgré lui ces minorités comme des gens qu’on devrait craindre. Le faux pas aurait pu être en partie évité en offrant une certaine rédemption à ce pauvre spectre, hélas non.

32 Malasana Street aurait pu être l’un des meilleurs films de fantômes de l’année, mais malheureusement, en 2020, ça ne passe pas.

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