[Critique] «American Horror Story: 1984»: une barque à la dérive

2.5
Note Horreur Québec

L’automne est annonciateur de l’arrivée d’une nouvelle saison d’American Horror Story et, chaque année, les fans attendent avec impatience de connaître quel sera le nouveau thème abordé par la série. Cette fois, le neuvième chapitre s’intitule 1984 et s’inspire des slashers, genre cinématographique chouchou de beaucoup d’amateurs de films d’horreur. Une tonne d’images promotionnelles particulièrement efficaces a été produite pour attirer notre attention et ces courtes bandes-annonces et magnifiques affiches rendant hommage au genre n’ont fait qu’augmenter notre anticipation. Inutile de dire que l’excitation était à son comble avant même la diffusion du premier épisode.

Los Angeles, 1984. Suite à un événement tragique, Brooke (Emma Roberts, Scream Queens) veut refaire sa vie. Récemment arrivée en ville, elle travaille dans un centre d’aérobie pendant ses études. Ses collègues Montana (Billie Lourd, Scream Queens), Ray (DeRon Horton, Dear White People) et Chet (Gus Kenworthy, Sharknado 5: Global Swarming) la convainquent de partir pour l’été et aller travailler au camp Redwood. Le camp de vacances est fermé depuis dix ans à la suite d’une terrible tuerie commise par l’infâme monsieur Jingles (John Carroll Lynch, Gothika).

AHS 1984 affiche

Ryan Murphy, créateur de la série, et son équipe nous offrent le meilleur générique d’ouverture des neuf saisons: un vibrant hommage aux années 80 très réussi et qui ne lésine pas sur l’hémoglobine. Bien que toutes les saisons d’AHS soient sanglantes, 1984 est sans contredit l’une des plus gores. De plus, la reconstitution du look des années 80 est exécutée dans les règles de l’art. Mise à part la moustache ridicule de Matthew Morrison (Glee), l’ensemble nous plonge en pleine époque du fluo et des cheveux crêpés.

Les premiers épisodes citent les classiques et nous gardent en terrain connu. Certaines scènes sont calquées sur des films comme Friday the 13th et Halloween. Il y a même une référence à Porky de Bob Clark. C’est très bien fait et on retrouve un peu de la magie de l’époque, souvent considérée comme l’âge d’or des slashers. Plusieurs scènes sont marquantes, dont une impliquant quelqu’un dont on taira l’identité et un four! Ce ne sont pas tant les images qui font frissonner, mais l’idée d’être à la place du personnage.

Un des problèmes de la saison est la surabondance de rebondissements au scénario. Disons-le, la modération a bien meilleur goût. Beaucoup trop de personnages ont droit à leur moment Scooby-Doo. Vise-t-on le deuxième degré? L’hommage au genre avec des histoires parfois boiteuses? À pallier au manque d’inspiration? Ces questions sont légitimes, car la série nous a habitué à des scénarios beaucoup plus solides. Même si cette saison est composée d’un épisode de moins que les précédentes, elle s’étire quand même en longueur. On aurait pu facilement en enlever deux ou trois, qui semblent ne servir qu’à remplir du temps.

L’épisode intitulé The Lady in White arrive toutefois à sortir du lot avec son histoire sur l’enfance de M. Jiggles. L’originalité n’est pas encore au rendez-vous, mais le jeu d’acteur rend la chose intéressante. Lui et son entourage sont réellement les seuls personnages captivants de cette saison. Les créateurs auraient dû se concentrer sur lui et oublier l’insignifiant personnage du Night Stalker, inspiré par le tueur en série Richard Ramirez. Malgré quelques bons moments, les autres personnages sont pour la plupart insipides.

En dépit d’une production impeccable et d’une excellente trame sonore, AHS: 1984 s’avère tout de même décevante. De plus, l’absence de Sarah Paulson et Evan Peters se fait terriblement sentir. Néanmoins, avec les dernières nouvelles de Murphy concernant la dixième saison, on espère un chapitre suivant de meilleure qualité.

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