[Critique] «Cruel Peter: The Boy»: le bon fils

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Note Horreur Québec

Peter est un enfant cruel. Il s’amuse à tuer des animaux et maltraite les autres enfants. Même lorsqu’il coupe — à l’aide d’un rasoir — le visage d’une domestique, sa mère continue de le défendre. Pour se venger de la mort de son chien, Alfredo, un fils de paysan, tend un piège à Peter et enterre ce dernier vivant.

Passée cette introduction qui se déroule en Italie en décembre 1908, le film fait un saut d’un siècle et nous amène en Angleterre. Norman est un archéologue qui a perdu sa femme quelques années auparavant dans un grave accident. Sa fille, Lise, a perdu l’ouïe depuis et ne communique plus que par des signes. La relation entre les deux n’est pas très bonne, mais lorsque Norman reçoit l’offre de restaurer un vieux cimetière anglais sur une île de la Sicile, il se dit que ce serait un moyen intéressant à sortir de sa léthargie et de renouer avec sa fille.

Disons-le d’entrée de jeu, Cruel Peter: The Boy (Cruel Peter: Le garçon) est un banal film de fantômes comme il s’en produit des centaines chaque année. Cette production italienne — tournée en anglais — manque cruellement d’originalité. Techniquement, le film est bien léché, quoique les images nocturnes sont beaucoup trop sombres, ce qui nous empêche de bien voir ce qui se passe à l’écran. Est-ce un problème causé par le transfert en numérique ou est-ce une maladresse du directeur de la photographie? Nous ne saurions le dire, mais cet irritant demeure particulièrement déplaisant.

Ce manque d’originalité et ce problème de lisibilité sont plutôt dommages, car les acteurs s’en tirent plutôt bien. Aran Bevan, qui incarne Peter, a vraiment une bouille antipathique (traduction: une face à fesser dedans), Henry Douthwaite joue très bien le rôle du père dépassé par les événements et la jeune Angelica Alleruzzo est convaincante en adolescente sourde muette adepte de spiritisme. Malgré tout, la mayonnaise ne prend pas.

Si l’idée de mettre en vedette une jeune fille muette est une bonne idée sur papier, cela nuit à l’angoisse provoquée par certaines scènes horrifiques puisqu’elle ne crie pas. De plus, l’évolution du film est très lente et quand, enfin, on arrive au climax final, les réalisateurs Christian Bisceglia et Ascanio Malgarini optent pour des effets de style qui démolissent totalement l’impact dramatique et horrifique de cette ultime confrontation avec le mal.

On arrive à la conclusion qu’un film consacré à la vie de Peter aurait été beaucoup plus intéressant et rafraîchissant que l’actuelle proposition. Tsé, un peu comme The Good Son, mais dans la Sicile du début du XXe siècle. Une idée pour un prequel? Il est probablement trop tard, puisqu’on connaît déjà le destin tragique de Peter.

Cruel Peter: The Boy est disponible en VSD depuis le 5 mai et sortira en DVD/Blu-ray le 26 mai prochain.

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