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[Critique] Cyst: pareil comme se péter un bouton

La bande-annonce laissait présager une comédie d’horreur bien rétro, avec des effets fauchés mais pratiques (avec moult abcès bien salissants) et de la franche rigolade. Après avoir fait la tournée des festivals depuis la fin de 2020, Cyst vient enfin de débarquer sur le territoire nord-américain en DVD et vidéo sur demande.

Co-écrite et réalisée pour une poignée de p’tit change par Tyler Russell (Texas Cotton), la chose met en vedette l’actrice allemande Eva Habermann (la série télé Lexx, Troll World), leur ami George Hardy (Texas Cotton, Troll World et surtout le cultissime Troll 2), Gene Jones (The Sacrament), Jason Douglas (The Walking Dead, Preacher) et LE Greg Sestero. Oui, ce dernier, c’est bien l’ex-top modèle devenu célèbre pour avoir joué dans l’infâme The Room, dont il a narré le tournage dans son livre The Disaster Artist. Intriguant, n’est-ce pas? Mais ça raconte quoi ce Cyst?

Avec son invention à la con, un cinglé de docteur (Hardy, hystérique) tente de venir à bout d’un méchant gros bouton en mode mutation. Pas de bol pour sa pauvre infirmière (Habermann, en mode roman savon), qui pensait se la couler douce lors de sa dernière journée à l’hôpital, avant de changer de carrière pour devenir joaillière (!?). Ah oui, ça se déroule en 1961 et il y a également un trio d’inspecteurs (dont Douglas et Sestero, avec une pipe et un ridicule chapeau) qui débarque pour une raison bidon.
Cyst affiche film

Comment est-ce qu’on vous dirait ça… mmmmm… Cyst essaie autant d’être aussi cool que le meilleur de Full Moon (avec sa musique à la Richard Band et son sérum vert fluo chipé à Re-Animator) que d’une production classique de chez Roger Corman (comme The Little Shop of Horrors), pour finir par ressembler à du sous Killer Tomatoes ou The Blob, sans rythme ni réels éclats de rire. Vraiment dommage, comme votre scribe voulait beaucoup l’aimer cette petite série B.

Le problème principal réside dans le scénario (ou l’absence de) qui déborde de clichés, de personnages caricaturaux (dont un avec des fonds de bouteilles à la Trailer Park Boys) et même de longueurs… ce qui est tout de même étonnant, pour un film durant à peine plus d’une heure. Honnêtement, on ignorait que c’était possible (voire légal) de s’ennuyer pendant un long métrage de 64 minutes, en excluant les génériques. En tous cas.

On doit cependant avouer que pour être juteux et pustuleux, ça l’est comme il faut. Peut-être même trop, comme dans l’adjectif redondant. T’sais, quand t’as vu une fois un furoncle se faire exploser et gicler dans le visage d’un des personnages, les (nombreuses) suivantes sont pas mal moins marrantes. Surtout lorsque les acteurs jouent aussi gros qu’au théâtre d’été le plus faux. Sérieux, Jones est tellement mauvais, c’en est presque gênant. En particulier, après avoir été dirigé dans le passé par des pointures comme Ti West, les frères Coen (No Country For Old Man) et même Tarantino (The Hateful Eight). M’enfin.

Bref, si vous avez une grosse heure à tuer et que vous aimez les nanars cheap des années 1950-1960 (vous savez, ceux avec de gros monstres en papier mâché), gâtez-vous. Si vous préférez (re)voir la vraie affaire (comme des vieux Corman ou même du Ed Wood), vous pouvez passer votre tour. Car Cyst, c’est comme se péter un bouton avant d’aller en soirée: premièrement, c’est dégueulasse; ensuite, tu crois sur le coup que c’est une bonne idée, pour finalement amèrement le regretter.

Note des lecteurs0 Note
Points forts
L’absence de sérieux et de prétention.
Les effets pratiques.
La durée.
Points faibles
Le scénario éventé (et pas très drôle) gribouillé sur un coin de napperon usagé.
Les effets pratiques (ouin).
Les longueurs.
2
Note Horreur Québec

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