[Critique] Depraved: l’empreinte de Frankenstein

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3.8

Souffrant d’un stress post-traumatique après avoir servi au Moyen-Orient, un médecin décide de créer un homme avec différentes parties de cadavres.

Le roman de Mary Shelley a bénéficié d’un nombre abusif d’adaptations, certaines plus subtiles — on se rappelle de Roy Batty voulant des réponses de son créateur dans Blade Runner — alors que d’autres sont plus superficielles.

Voilà que le roi du cinéma indépendant Larry Fessenden décide de tenter sa chance avec une approche minimaliste et qu’il s’en tire assez bien. Son dernier Depraved a été présenté tout récemment en première mondiale lors du festival de films de genre What The Fest!? de New York. Ancrant sa relecture de l’histoire dans un Brooklyn contemporain, le cinéaste qui signe aussi le scénario, en profite pour assaisonner l’ensemble d’une véritable étude sur la paternité, où le créateur développe un lien filial profond pour sa création.

Nous sommes très loin des dizaines d’adaptations qui centrent l’action sur la peur et l’horreur causées par le monstre. Ici, on dresse une introspection dans la psyché de cet être que l’on met au monde et dont le dessein principal sera la souffrance. Fessenden remet en cause la procréation et érafle au passage les enjeux de l’éducation. Beaucoup de questions intéressantes sont soulevées par cette petite production indépendante. Cela dit, l’horreur est manquante et les geeks souligneront avec raison que le roman de Shelley était terrifiant.

À la réalisation, l’homme fait montre d’une véritable expertise pour créer une atmosphère, mais aussi dans sa direction d’acteurs. Sa caméra traverse à pas de souris l’austérité de ce loft industriel, où est aménagé le laboratoire, et sait se faire oublier pour donner l’attention aux comédiens. Affectionnant particulièrement l’horreur psychologique, le cinéaste s’attarde sur les regards et les hésitations, pour créer de touchants passages. Qualifiant lui-même le maquillage de sa création humaine comme étant une encyclopédie de Frankenstein, le fan averti reconnaîtra plusieurs hommages, qu’on lui souligne amicalement.

Si l’ensemble de la distribution est adéquate, c’est pourtant Alex Breaux (Bushwick) qui épate le plus en incarnant un Frankenstein (même s’il se nomme ici Adam) complètement bluffant.

La date de sortie de Depraved, qui poursuit présentement sa tournée en festivals, n’est toujours pas confirmée au moment de publication.

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