[Critique] Diablero: combattre ses démons

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Une mère et sa jeune fille se font attaquer dans leur appartement à Mexico par un mystérieux démon. La créature d’apparence humaine laisse la mère pour morte et repart avec l’enfant. Suite à la disparition de la fillette, le Père Ramiro Ventura (Christopher Von Uckermann, How to Get Over a Breakup) apprend qu’il en est le géniteur et tentera par tous les moyens de la retrouver. Ce faisant, il croisera le chemin du célèbre chasseur de démon, Elvis Infante (Horacio Garcia Rojas, Narcos: Mexico), un diablero aux méthodes redoutables.

Une chose est sûre, le scénario de Diablero, une exclusivité de Netflix, ne réinvente pas la roue: démons, prêtres corrompus et relations familiales houleuses. On nous a bien sûr servi cette recette à maintes reprises. Par contre, ce manque d’originalité n’est pas nécessairement synonyme d’ennui, car la production mexicaine offre tout de même de bons moments. Entre autres choses, les comédiens semblent éprouver un malin plaisir à jouer leurs rôles. D’ailleurs, le personnage de Nancy (Giselle Kuri) est particulièrement unique avec sa capacité d’accueillir les démons en elle tout en les contrôlant. Son humour sarcastique, son petit côté rebelle et sa fougue la rendent extrêmement attachante. Les réalisateurs, Rogoberto Castaned (Blackout) et José Manuel Cravioto (El Chapo) rendent les scènes de combat visuellement intéressantes en présentant les personnages tantôt sous leur forme humaine, tantôt sous leur véritable apparence démoniaque, en alternant d’une séquence à l’autre. C’est dommage que cette technique soit trop peu souvent utilisée car le résultat est fort satisfaisant.

Diabelro Netflix

Par contre, le scénario de Pablo Tébar (Servir y proteger) s’éparpille souvent plutôt que de suivre un fil conducteur précis. En effet, plusieurs histoires s’entremêlent et nous laisse plutôt confus. Par chance, à mi-saison, l’intrigue se resserre et l’ensemble des récits s’éclaircit.

Évidemment, on nous offre un héros un tantinet cliché, mais dans le contexte d’une série d’action/horreur stéréotypée, on pardonne facilement. Tout comme on accepte l’entrée en scène de son patron, un personnage presque caricatural, mais qui, au fil du visionnement, s’avère fort sympathique et offre un des moments les plus drôles de la série. Lorsqu’une sorcière lui inflige un mauvais sort lui faisant perdre la mémoire et régresser à l’âge de la petite enfance, on ne peut que s’esclaffer en le voyant hurler comme un bambin.

Cependant, on ne peut pas en dire autant du personnage principal. Le récit du prêtre est inintéressant et certains de ses choix nous laissent plutôt perplexe. Par exemple, dans un moment de désespoir, il fait appel à l’évêque pour retrouver sa fille disparue, sachant très bien que ce dernier est corrompu. Ensuite, il s’étonne des méthodes douteuses de son patron. Vraiment!? Comme si ce n’était pas assez, son interprète, Von Uckermann, n’est franchement pas à la hauteur des autres acteurs. Son jeu est dépourvu de toute subtilité et sa performance est inégale.

La finale parvient à éviter quelques pièges prévisibles et ne tombe pas totalement dans la facilité. Elle a atteint son but toutefois, puisqu’elle a certainement piqué notre curiosité. Évidemment, ça pue la deuxième saison à plein nez!

Diablero est le genre de série que l’on écoute sans trop se poser de questions et où le seul but du spectateur est d’avoir une solide dose d’action et un bon spectacle. Ouvrez-vous un sac de chips, une bonne bière et vous serez amplement divertis.

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