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[Critique] Don’t Breathe 2: quand la sauvagerie frappe les yeux fermés

Note des lecteurs3 Notes
3.5
Note Horreur Québec

En 2016, le réalisateur Fede Álvarez et le scénariste Rodo Sayagues (Evil Dead 2013) ont galvanisé leur public avec Don’t Breathe, un huit-clos ancré dans un réalisme bien calibré et à l’ambiance claustrophobique, avec un antagoniste qui s’élevait au-dessus des standards des home invasion movies. Don’t Breathe 2 (Ne respire pas 2) marque les premiers pas de Sayagues derrière la caméra, alors qu’Alvarez porte les deux chapeaux de co-scénariste et producteur. Il en résulte une œuvre encore plus sanglante et immorale que la précédente, quoique bien moins convaincante.

Huit ans après que l’invasion de son domicile ait tourné au carnage, Norman Nordstorm (Stephen Lang) coule des jours tranquilles, en compagnie de Phoenix (Madelyn Grace, Grey’s Anatomy), sa fille de 11 ans, dont l’éducation n’est vouée qu’à la survie et l’autodéfense. Cloitrée dans une vielle maison, à la merci d’une autorité paternelle aussi austère que paranoïaque, la jeune Phoenix rêve d’une vie normale. Une nuit, Norman se rend compte que son chien a disparu. Il se lance à sa recherche, sans se douter qu’une bande de criminels brutaux a planifié l’enlèvement de la petite. Le vétéran de la guerre du Golfe mettra tout en œuvre pour protéger sa fille et empêcher le sadique chef de la meute, Raylan (Brendan Sexton III, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri) de lui révéler le secret de ses origines…

Don't Breathe 2 affiche film

À peine le deuxième acte débuté que le réalisateur joue sur la limite du plausible, qui vient faire opposition à la démarche du premier film qui s’était démarqué justement par son approche réaliste. Le personnage incarné par Lang donne parfois l’impression d’avoir une force surhumaine ou l’ouïe ultradéveloppée de Daredevil. Il n’a aucun mal à disparaitre furtivement dans les bois ou attaquer de façon précise et fatale, ce qui ne manquera pas de faire sourciller le cinéphile plus exigeant.

Bien-entendu, une suite digne de ce nom comporte toujours son lot de complications; on doit amener les personnages ailleurs et amplifier les moments de tension, autant dans l’écriture que dans la mise en scène. Hélas, le scénario est moins solide, cette fois. Le rythme frénétique avec lequel les péripéties déambulent amène des dialogues un peu simplets qui cadrent bon gré mal gré dans la trame narrative, dont l’objectif premier est clairement d’en mettre plein la vue. Les personnages sont littéralement «amenés ailleurs», transportés d’un endroit à l’autre, si bien que le sentiment de claustrophobie ou d’être piégé n’est pas aussi présent. Par chance, le rythme est toujours haletant grâce aux méticuleux mouvements de caméras, orchestrés avec brio par Pedro Luque, qui avait également signé la cinématographie du film original.

Le méchant des uns fait le bonheur des autres

La grande force du film vient sans aucun doute de la prestation des acteurs principaux, dont la crédibilité de jeu crève l’écran. Les thèmes véhiculés par l’histoire, soit les devoirs liés à la paternité, les déboires d’une enfance volée ou la rédemption face à ses actes passés, sont amenés avec un impact dramatique qui ne laisse personne indifférent. La jeune Madelyn Grace est à la fois spontanée et attendrissante dans son premier rôle au grand écran. Stephen Lang habite également à la perfection le tueur au regard perdu qui, aux dépends d’actes monstrueux, se transforme insidieusement en antihéros, tant ses préoccupations semblent s’anoblir au fur et à mesure que la fin approche.

Sans oublier Brendan Sexton III dans le rôle de Raylan, l’adversaire de Lang, faisant preuve de la même rage intérieure et qu’on méprise dès sa première apparition. Il s’agit d’un duel de méchants. Peu importe qu’ils nous soient sympathiques ou non, leur rivalité entrainera un bain de sang dans lequel l’auditoire voudra se noyer. Tel semble être le vœu des cinéastes.

Là où le premier film voulait angoisser, le second cherche d’avantage à choquer. Au final, s’il est vrai que le réalisme de l’œuvre est parfois défaillant, à quel point un film à sensations fortes peut se permettre cette forme de transgression artistique afin de ne pas bouder son plaisir?

Que ce soit dans sa misogynie explicite, son outrageante immoralité ou ses scènes purement gores, Don’t Breathe 2 s’assume pleinement. Et lorsqu’on arrive au bout de ses 90 minutes, on peut dire que c’est une mission accomplie, car s’il y a un défi plus difficile à relever que de faire un film original, c’est bien celui de faire une suite originale. En dépit de ses faiblesses, même si cette suite tant attendue n’est pas aussi rafraîchissante et habile que son prédécesseur, elle offre néanmoins un divertissement très efficace, qui vous fera encore une fois retenir votre souffle.

DON’T BREATHE 2 - Official Trailer (HD) | Exclusively In Movie Theaters August 13

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