[Critique] Dracula (2020): ni vivant, ni mort

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3.5
Note Horreur Québec

On n’en est pas à la première adaptation de Dracula. En fait, techniquement, ce n’est même pas la première mini-série produite par la BBC, qui avait déjà tenté l’exercice de manière très fidèle en 1977. Du Dracula, on en soupe depuis les débuts du cinéma et de son mélange avec l’expressionnisme allemand. Cela dit, malgré l’omniprésence du vampire le plus célèbre de la littérature libre de droits, cette nouvelle version avait de quoi attirer l’attention. Développée par Steven Moffat et Mark Gatiss, duo de choc derrière le reboot de Doctor Who et la série Sherlock, elle comporte son lot de points positifs sur papier. Après tout, le talent de ces deux têtes pensantes pour développer des univers est reconnu et le budget semblait au rendez-vous afin d’offrir quelque chose d’unique. Cependant, les bonnes intentions ne sont pas garantes de la qualité d’une oeuvre.

Claes Bang in Dracula (2020)Il ne faut pas lire à travers cela que cette nouvelle adaptation est ratée. Au contraire, Dracula comporte des bonnes performances d’acteurs, possède une photographie somptueuse et sait faire plaisir aux fans du vampire. Comme ils l’ont fait avec leur Sherlock, Moffat et Gatiss montrent leur amour du matériel de base et de son impact dans la culture populaire à plusieurs reprises. L’apparition du château du Nosferatu de Murnau, de la médaille portée par Bela Lugosi dans le classique de Tod Browning ou encore les plans serrés de yeux injectés de sang de la série Hammer ne sont que quelques-uns des nombreux hommages cachés ici et là. Le premier épisode adapte également assez fidèlement le roman de Bram Stolker et plaira à tous les amateurs d’horreur gothique. De plus, les différents thèmes sont bien exploités et le personnage de Dracula n’est pas qu’un ennemi à abattre; il sert vraiment à raconter quelque chose sur la vie humaine.

Cependant, le résultat n’est pas exempt de défauts. Autant on peut apprécier l’humour et l’originalité de l’écriture de Moffat et Gatiss, autant les créateurs ont tendance à parfois laisser d’énormes trous dans leurs scénarios, sans donner la moindre trace d’une quelconque réponse possible. Ceux qui ont vu le premier épisode de la saison 3 de Sherlock le savent: les deux auteurs semblent parfois construire leurs histoires sans aucune idée de comment les terminer et cela se sent dans ce Dracula aux trois épisodes très inégaux. De plus, les retournements clichés et décevants du dernier épisode ainsi que sa discontinuité esthétique pourra en faire reculer certains.

Bref, difficile de dire si cette mini-série saura trouver son public. Si Sherlock a su relancer, à son époque, l’intérêt pour le personnage de Conan Doyle, cette version de Dracula ne semble pas, avec cette saison, être en mesure d’accomplir le même exploit.

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