[Critique] Dreamland: le style avant la matière

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2.5
Note Horreur Québec

Différents incidents, plus tordus les uns que les autres, surviennent alors qu’un tueur à gages a pour mission de couper le petit doigt d’un trompettiste de jazz junkie, qui s’apprête à jouer dans un mariage.

Le cinéaste canadien Bruce McDonald s’est cultivé une drôle de réputation au fil des années. On dirait qu’à défaut d’être automatiquement un gage de qualité, il est devenu ce cinéaste dont les curiosités filmiques, bonnes ou moins bonnes, attirent l’attention. Imaginons maintenant que le virus évoqué par la langue anglaise dans le film Pontypool puisse se métamorphoser en un univers, ce dernier pourrait être Dreamland.

Dreamland affiche filmAprès avoir reçu un accueil plus calme à sa projection au dernier festival Fantasia, Dreamland fait enfin son apparition en vidéo sur demande. Le scénario de Tony Burgess (Pontypool) et Patrick Whistler expose le spectateur à un univers complètement déjanté, où se côtoient gangsters, trafic humain, vampires, et musiciens de jazz. Le problème est qu’une fois exposées, toutes ces ramifications de l’intrigue ne sont aucunement développées et ne servent souvent absolument à rien. Le spectateur a rapidement le sentiment qu’on tente de camoufler, avec un tel éparpillement d’idées, le fait qu’on peine à amener cette histoire quelque part. Évidemment, il y a cette aura expérimentale qui entoure le long-métrage, mais celui-ci ne le rend aucunement plus captivant.

À la réalisation, celui qui nous a jadis offert Pontypool ne s’en sort pas mal dans une production où les enjeux techniques semblent aux antipodes du film culte de 2008, où l’action se déroulait dans un huis clos. Dreamland permet au cinéaste de livrer une superbe mosaïque de décors et sa manière énergique de filmer nous fait presque avaler le côté plus impressionniste de cet alliage désorienté entre thriller et comédie.

Certains choix, notamment celui de confier les deux rôles principaux au même acteur, sont plutôt audacieux. Il y a cependant une logique dans cette démarche puisque les deux hommes sont alimentés du même spleen intérieur. Dans ce double rôle, le complice du réalisateur Stephen McHattie (Come to Daddy, Mother!) est fort honorable. Confinée aux rôles de greluche exubérante, Juliette Lewis (Ma, From Dusk Till Dawn) compose très bien un personnage qu’elle a joué si souvent.

Il en résulte un long-métrage plus profitable comme exercice de style que comme divertissement cinématographique.

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