[Critique] Rabid (2019): la rançon de la beauté

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Note Horreur Québec

Défigurée suite à un accident de moto, une jeune femme subit une série d’interventions chirurgicales qui la transforme en créature hybride aimant la chair humaine. Malgré un physique dorénavant parfait, ses pulsions cannibales la guideront de plus en plus.

Les Soska Sisters (American Mary) reviennent à la charge avec Rabid, une relecture du classique de David Cronenberg qui arrivait cette semaine en DVD et vidéo sur demande au Canada. Les jumelles canadiennes se sont taillées une réputation dans le circuit en faisant office de scénaristes, productrices, réalisatrices et actrices. Peut-être devraient-elles délayer certaines tâches et offrir des films un tantinet plus accompli? Hormis le très acceptable See No Evil 2, qui ne réinvente pourtant rien, les sœurs semblent être davantage des vedettes qu’artistes.

Rabid 2019 affiche filmSi le scénario de Rabid a bien une qualité, c’est de souligner d’une manière omniprésente son appartenance à l’univers du légendaire cinéaste canadien. On a le sentiment que les créatrices jouissent du registre body horror dans lequel s’inscrit la filmographie du légendaire cinéaste. Le cinéphile pourra alors y déceler une série d’hommages savoureux. Cela dit, où tente-on de nous conduire exactement? S’agit-il de tourner à la dérision l’univers de la chirurgie plastique ou encore celui de la mode pour souligner l’oppression qu’ils peuvent avoir sur le sexe féminin? Impossible d’y voir une peinture réaliste de ces deux milieux, mais la raillerie fonctionne tout autant difficilement puisqu’à travers cette tentative de désamorcer cette culture de la femme objet, on la nourrit encore plus et on y applique plusieurs autres stéréotypes peu louables.

Il semble aussi très amusant de constater ce manque d’audace des créatrices pour enlaidir leur star d’une manière considérable. Cette jeune femme supposément défigurée maintient plus de sex appeal que ses collègues mannequins, dont on ne cesse de présenter comme de grandes beautés. Il y a donc quelque chose de très contradictoire dans les idées mises en branle par ce scénario trop brouillon.

La réalisation des frangines offre quelques belles trouvailles visuelles, mais la médiocre direction d’acteurs nous empêche de les savourer à sa juste valeur. Heureusement pour elles, à travers le cabotinage de plusieurs interprètes, certains savent jouer. Succédant à la star du cinéma pour adultes Marilyn Chambers de l’original, Laura Vandervoort (Jigsaw) est très convaincante, alors que Stephen McHattie (Pontypool) est égal à lui-même. Malheureusement, la plupart des interprètes les entourant devraient suivre des cours d’interprétation.

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