[Critique] Hagazussa: quand la fin justifie les moyens

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3.5
Note Horreur Québec

Au Moyen-Âge, dans les Alpes de l’Autriche, une jeune femme qui vit en totale réclusion avec son bébé décide de se venger d’une agression en pratiquant un rituel de sorcellerie.

Hagazussa paraît aujourd’hui en vidéo sur demande et voilà un film qui ne laissera personne indifférent puisqu’il s’agit d’une bombe assez difficile à digérer et ce, qu’on l’apprécie ou non. Ce premier long-métrage de l’Autrichien Lukas Feigelfeld, pratiquement sans dialogue, s’éloigne en tout point des récits classiques proposés par le cinéma d’horreur traditionnel.

Adoptant un rythme lent, le récit de cette jeune mère, signé aussi par Feigelfeld, offre certaines délicatesses traitant de l’assujettissement des femmes et plusieurs observations intéressantes sur les traditions païennes. La dilatation du temps, servant ici à intérioriser le spectateur dans les états d’âme de l’héroïne, pourra en déconcerter plusieurs par l’exigence qu’elle impose.

Propulsés au sommet par le chef-d’œuvre The Witch, les films à thèmes folkloriques pourraient bien commencer à avoir la cote, et si Hagazussa bouillonne de qualités, le long-métrage n’a pas exactement la rigueur scénaristique de celui Robert Eggers. S’il est intéressant de contempler une série de thématiques secondaires, on est en droit de se demander si le film raconte véritablement une histoire, alors que chez Eggers, la question ne se posait aucunement.

Cela dit, la mise en scène du nouveau cinéaste est tout à fait exquise et illustre un savoir-faire étonnant. On a beau trouver que très peu de coups de théâtre nous captivent, le poème visuel qu’il nous livre hypnotise. Dépeignant la protagoniste et son univers en créant une ambiance oppressante, le film bascule lentement dans une sorte de cauchemar éveillé. C’est particulièrement vrai pour l’étourdissement final qu’on nous sert. Rappelant à la fois le Possession d’Andrzej Zulawski, certains délires de David Lynch et quelques envolées philosophiques à la Andrei Tarkovsky, Hagazussa porte le bémol de ne pas égaler ses modèles. Il s’agit cependant d’un moindre mal puisqu’on nous renvoie une œuvre atypique et intéressante.

Dans le premier rôle, l’actrice Aleksandra Cwen interprète avec retenue et nuance cette jeune femme livrée à elle-même.

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