LDR Vol2 Quad 01

[Critique] Love, Death + Robots Volume 2: tendu, stylisé et existentiel

Note des lecteurs2 Notes
4
Note Horreur Québec

Le Volume 2 de Love, Death + Robots est maintenant disponible sur Netflix. D’emblée, vous devez savoir que les pointures derrière la série d’anthologie (Tim Deadpool Miller et David Se7en Fincher) ont coupé dans le gras avec ce deuxième service, car au lieu des dix-huit histoires lancées en 2019 (lisez notre critique ici), on n’a droit qu’à huit brefs segments (de treize minutes chacun en moyenne). Et c’est bien tant mieux, comme aucune d’entre elles n’est réellement oubliable cette fois-ci.

On est toujours dans le même multivers parallèle, parfois full frontal et futuriste, souvent tordu et dystopique, toujours brutal et caustique. Quelque part entre les délires colorés d’Heavy Metal (ou si vous préférez Métal Hurlant) et la noirceur techno de Black Mirror, rappelant par moment The Animatrix (2003), en empruntant autant à l’univers du cyberpunk qu’à ceux des mangas d’hier et du hardcore gaming d’aujourd’hui. On a placé les épisodes en ordre d’appréciation, du plus faible au plus prenant.

Love, Death + Robots Volume 2 affiche série NetflixThe Tall Grass (réalisé par Simon Otto, d’après une nouvelle de Joe R. Bubba Ho-Tep Landsdale) nous ramène dans le temps à bord d’un train à vapeur, avec un sosie de Lovecraft qui fume des clopes dans un champ en se sauvant d’étranges créatures. Euh OK. Anecdotique. Suivant!

Dans All Through the House (réalisé par Elliot Dear), deux enfants qui n’arrivent pas à dormir le soir du 24 décembre ont la surprise de leur vie. Ce très court mais fort sympathique segment pourrait être vu comme une scène coupée de Monsters Inc. si elle avait été réalisée par Guillermo del Toro avec H.R. Giger aux effets spéciaux.

The Drowned Giant (basé sur une nouvelle du romancier J.G. Ballard; Crash, Empire of the Sun), est le plus lent et contemplatif du lot, une réalisation de Miller. En mode photoréaliste, on suit un type racontant la fois où un cadavre de géant, totalement nu, est apparu sur la plage, créant d’emblée l’événement. Ce Gulliver en décomposition, après être devenu instantanément populaire et impressionnant, est devenu graduellement un colossal monument, puis une ou des curiosités hélas quasiment oubliées (un peu comme la baleine du Vieux Port de Montréal l’an dernier). On a aimé revoir la marquise d’une boutique présente dans un autre segment — à vous de la trouver!

Saturé, contrasté et tout près de la bédé, Ice (réalisé par Robert Valley; la série Invincible) et son monde urbain, hostile et industriel oppose deux frères, alors que l’aîné est l’un des seuls de sa génération à n’avoir jamais été modifié (on parle de cyborgs, évidemment). Cette fable initiatique en mode inclusif vous éblouira avec son look ultra stylisé (rappelant celui de Jamie Hewlett) et ses quasi-Kaijūs.

Dans Automated Customer Service (réalisé par Meat Dept.), on est au paradis des snowbirds, alors que de vieillissants retraités se la coulent douce, pendant que s’affairent des assistants robotisés, promenant leur chien ou faisant leur ménage, jusqu’à ce que l’un d’eux devienne défectueux… et foutrement dangereux. Au grand dam d’une pauvre madame et de son petit toutou (on se gardera bien de vous dévoiler tout). Hilarante est cette caricaturale critique du service à la clientèle en mode intelligence artificielle. Ensuite, vous irez (re)visionner l’incroyable clip Very Noise d’Igorrr réalisé par Meat Dept. (de rien!).

Lors de Life Hutch (réalisé par Alex Beaty, un animateur ayant bossé sur Deadpool et Kung Fu Panda 3), on passe un angoissant moment avec Terence (qui emprunte la voix et les traits de Michael B. Jordan; Creed, Black Panther), alors qu’après l’écrasement de sa navette spatiale sur une planète apparemment inhabitée, il doit tenter de survivre dans une base bien protégée. Vous allez vraisemblablement sourire lorsque vous découvrirez comment, tant cela vous semblera familier.

Avec le rétrofuturiste et ultraréaliste Pop Squad, réalisé par Jennifer Yuh Nelson (Kung Fu Panda 1 et 2, la série animée Spawn), avec Nolan North (le Nathan Drake de la série de jeux vidéo Uncharted) dans le rôle principal. On y suit des agents de police qui doivent faire respecter les lois liées à la petite enfance. Faisant visuellement le pont entre la série Mad Men et Blade Runner (avec un soupçon de The Fifth Element et de Judge Dredd), Pop Squad offre un constat des plus déchirants sur le sens de la vie.

Dans le tout aussi époustouflant Snow in the Desert (réalisé avec brio par Léon Bérelle, Dominique Boidin, Rémi Kozyra et Maxime Luère, un quatuor de pros des SFX ayant bossé en jeu vidéo), on rencontre un pas tuable (Highlander?) chasseur de prime (pensez à Mando, en plus loquace, et avec pas d’casque) et une brunette aussi mystérieuse que dure à cuire, devant survivre dans un monde peuplé de monstres armés jusqu’aux dents. Au menu, on retrouve de solides combats corps à corps, des fusillades impressionnantes et de l’amour, pour toujours.

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