[Critique] Ratched: au-delà du nid de coucou

Note des lecteurs5 Notes
3
Note Horreur Québec

Originalement interprétée par Louise Fletcher – rôle pour lequel elle a remporté l’Oscar de la meilleur actrice en 1976 – dans le film One Flew Over the Cuckoo’s Nest de Miloš Forman, le personnage de la Nurse Ratched s’est vite retrouvé parmi les plus «méchants» du cinéma populaire. C’est maintenant au tour de Sarah Paulson de se retrouver dans ses chaussures (et ses gants de plastique), et ce, à la sauce Ryan Murphy; créateur de Scream Queens et American Horror Story.

Tout comme Norman Bates pour Bates Motel et Annie Wilkes pour Castle Rock, les huit épisodes de Ratched nous font découvrir les origines de la principale concernée, alors qu’on s’amuse à dénaturer le personnage en lui inventant un passé ainsi que de nouvelles motivations. Contrairement à l’infirmière ferme et sévère de Forman, celle de Murphy est légèrement plus magouilleuse et manipulatrice. On la retrouve donc en 1947 alors qu’elle fait son entrée dans un hôpital psychiatrique situé en Californie du Nord, là où certaines pratiques inquiétantes ont débuté sur plusieurs patients. Évidemment, Mildred, sous ses airs angéliques, n’est pas là par hasard et fera tout en son pouvoir pour arriver à ses fins.

Abordant les thèmes des troubles mentaux et de l’homosexualité (autre «maladie mentale» de l’époque), Ryan Murphy s’entoure de ses auteurs et réalisateurs chouchous et offre, une fois de plus, du bonbon pour les yeux. De l’utilisation des couleurs rappelant Argento aux split screens rappelant ceux de De Palma, on ne peut pas dire que Ratched n’est pas joli. L’éternel collaborateur de Murphy, Mac Quayle, signe une autre excellente trame sonore allant jusqu’à utiliser quelques bribes de thèmes classiques de l’horreur comme ceux de Psycho d’Hitchcock et Cape Fear de Scorsese.

Nageant surtout dans la psychologie plutôt que dans l’horreur, Ratched offre plusieurs bons moments de tension – qui atteint son apogée à l’épisode 5 – mais ne réussit pas à maintenir un suspense constant. Les épisodes sont inégaux (quoique tous appréciables), mais rien ne nous donne envie de dévorer rapidement la série dans son entièreté. Un problème de rythme se fait surtout sentir à partir de la sixième heure, pour terminer avec le dernier qui semble complètement sorti de nulle part avec un dénouement douteux et insensé. Même les qualités techniques tant appréciées au départ s’atténuent en cours de route.

Ratched Netflix image

On se doit par contre de souligner le fait que Ryan Murphy semble s’être de nouveau donné la mission de faire travailler le maximum d’actrices au-delà de la quarantaine; âge fatal pour plusieurs femmes à Hollywood. En plus de Sarah Paulson (Glass), se joignent Cynthia Nixon (Sex and the City), Judy Davis (Feud), Sharon Stone (Casino), Amanda Plummer (Pulp Fiction), Rosanna Arquette (You Cannot Kill David Arquette) et Sophie Okonedo (Death on the Nile), dans cette fabuleuse distribution regorgeant de talent incluant également Finn Wittrock (American Horror Story) et Vincent D’Onofrio (Full Metal Jacket).

Outre son nom, la nouvelle série du créateur de Nip/Tuck n’a rien à voir avec l’infirmière crée par Ken Kesey. Comme le Joker de Todd Phillips, un personnage populaire a été pris et plaqué dans un nouvel univers où ses origines ne sont plus pertinentes et où celui-ci devient totalement interchangeable. Sans être raté, Ratched aurait peut-être gagné à se concentrer davantage sur son anti-héroïne que sur les trop nombreux personnages qui l’entourent. Un bien bel emballage au contenu sans surprise et un tantinet décevant. Espérons une deuxième saison plus excitante et passionnante pour 2021.

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