[Critique] Scary Stories to Tell in the Dark: collage réussi

Note des lecteurs3 Notes2.15
3
Note Horreur Québec

Avec le succès monstre de It et Stranger Things, on a vu les producteurs d’Hollywood réorienter le genre de films derrière lesquels ils alignent leurs gros sous. En 2019, il y a eu beaucoup, beaucoup d’enfants dans le cinéma d’horreur… Et ça continue avec Scary Stories to Tell in the Dark, adaptation d’une trilogie de populaires anthologies d’épouvante jeunesse publiées dans les années 80. Ces livres rassemblent de très courtes histoires écrites par Alvin Schwartz et imagées de façon inoubliable par Stephen Gammell.

L’adaptation tente de broder ensemble une demi-douzaine de ces histoires. L’intrigue se déroule en 1968, durant la campagne électorale qui mènera Richard Nixon à la présidence des États-Unis. Un groupe de jeunes marginaux cherchant à échapper à leurs tortionnaires se réfugient dans une maison abandonnée ayant appartenu à une tueuse d’enfants. Ils y font la découverte d’un livre de contes horrifiques à moitié vide, dont les pages vierges se rempliront en lettres de sang de nouvelles histoires… Des histoires qui concernent nos protagonistes et se matérialiseront bientôt dans la réalité.

En entrevue, Guillermo del Toro revendiquait le droit de faire du cinéma d’horreur pour enfants à une époque où il faut placarder des avertissements devant les projections de Lion King. On le remercie d’avoir cru en ce projet, qui rappelle une période bénie des années 80 où le cinéma familial osait faire des trucs dont on ne peut plus que rêver de nos jours. Scary Stories parvient à canaliser une part du génie d’Alvin Schwartz, décédé en 1992. L’auteur arrivait à raconter aux jeunes des histoires dont le côté transgressif capitalisait sur la force de leur imagination.

Guillermo a également eu du flair en mettant le norvégien André Øvredal (Trollhunter, The Autopsy of Jane Doe) à la barre de cette adaptation. Øvredal a le sens du cinéma d’horreur festif. C’est aussi un maître dans l’art perdu du film de monstres, qui revient ici en force. Scary Stories rappelle le récent Annabelle Comes Home dans sa capacité à faire du collage avec toute une gamme de créatures, que ce soit le célèbre épouvantail Harold ou le Jangly Man, créé pour l’occasion par les cinéastes. Øvredal signe plusieurs tableaux créatifs qui confrontent ses protagonistes à leurs pires peurs.

Malheureusement, le scénario confirme nos préjugés à l’égard des films qui ont besoin de 5 auteurs – Del Toro lui-même ainsi que Patrick Melton et Marcus Dunstan (The Collector, Feast) ont participé à l’écriture. S’il cherche à tracer des parallèles politiques avec les États-Unis d’aujourd’hui, le script manque parfois un peu de créativité dans sa façon de caractériser ses personnages. Il ne faut pas être allergique aux décisions stupides pour apprécier le film. On regrettera aussi une finale qui ne va pas au bout de ses idées.

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