Teddy

[Critique] Teddy: quand Napoléon Dynamite rencontre The Wolf Man

Il est assez rare qu’on ait la chance de voir un film de loup-garou provenant de nos cousins européens, alors quand ce même long-métrage se voit en plus sélectionné à Cannes, il se glisse automatiquement sur notre liste de visionnements. Teddy est enfin disponible via Shudder et à l’achat numérique.

Teddy est un jeune homme avec peu de lettres et d’esprit qui habite dans un petit village près des Pyrénées. Il a quitté l’école en sixième année et travaille dorénavant dans un salon de massage. Par un soir de pleine lune, il sera attaqué par un étrange animal et se met soudainement à changer.
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Écrit et réalisé par Ludovic et Zoran Boukherma, Teddy est un film qui risque de se retrouver le derrière entre deux chaises pour avoir tenté d’être trop de choses à la fois. Les films métaphorisant le passage de l’enfance au monde adulte par la lycanthropie ont toujours été omniprésents dans le cinéma de genre. Qu’il s’agisse de Cursed, Teen Wolf ou Ginger Snaps, les changements physiologiques et psychologiques d’un adolescent se transformant en individu mur ont souvent été porteurs de fantastique. Ici, cette métamorphose traduit certainement un affranchissement de ce monde formaté dans lequel il n’a jamais fait bonne figure. Évidemment, nous somme davantage dans les allégories sociales que dans une véritable histoire de monstre. Cependant, le duo ne possède ni la verve des frères Dardenne pour les observations sociales, ni l’emportement de Quentin Dupieux pour les récits exacerbés. L’incursion dans l’univers de ce jeune marginal demeure sous-exploitée et les dénonciations fort valables que pose le scénario manquent de clarté et de justesse. Doit-on plaindre ce jeune homme qui est le fruit d’une société déficiente n’ayant pas su l’encadrer ou doit-on rire de lui? D’un côté comme de l’autre, les propos manquent d’orientation.

Teddy a tout de même le mérite de mettre en bouche plusieurs dialogues loufoques à ce personnage atypique. Avec son ton complètement décalé, la première partie nous laisse sous-entendre que la banalité de la trame usuelle du film de loup-garou sera déconstruite par son approche. Pourtant, le style s’effrite trop rapidement, et malgré quelques observations amusantes, la banalité s’installe. On ne peut aucunement se laisser emporter par les trop rares passages horrifiques pour se satisfaire, et la satire qu’on s’entête à nous dresser tourne en rond.

La réalisation est acceptable, mais peine à colmater les trous scénaristiques avec des touches inventives. Cela dit, le jeune Anthony Bajon (La prière) incarne le rôle-titre de manière viscérale et apporte un certain relief à l’ensemble.

En conclusion, Teddy nous présente les outils nécessaires pour révolutionner le genre, mais sans les utiliser réellement.

Note des lecteurs0 Note
Points forts
Le jeu habité de la vedette
Quelques dialogues truculents
Points faibles
Le récit brouillon
Le mélange malhabile d'horreur et de satire
2.5
Note Horreur Québec

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