[Critique] The Nightingale: candidat au film de l’année

4.5
Note Horreur Québec

Même si son précédent The Babadook a divisé l’opinion publique, on doit admettre que la cinéaste australienne Jennifer Kent est loin d’être inintéressante. Sa manière de tourner et de jouer avec des thèmes inhabituels en fait clairement une figure à suivre dans le milieu du cinéma de genre. Plusieurs attendaient donc son nouveau film avec impatience et après un passage remarqué dans le circuit des festivals, The Nightingale arrive enfin en vidéo sur demande au Canada.

Film d’époque situé dans la Tasmanie de 1820, ce nouveau long-métrage ne pourrait pas être plus différent du Babadook. Claire, une prisonnière irlandaise qui sert une garnison de l’armée britannique, décide de partir à la recherche de ses bourreaux. Violée à répétition par un groupe de soldats qui, au passage, tuent son mari et son bébé, elle s’allie à un guide aborigène nommé Billy pour exercer sa vengeance.

Nightingale affiche film

En apparence, on pourrait croire qu’il s’agit d’une sorte de rape & revenge campé à l’époque coloniale. Il y a certes un peu de cela dans le film, mais on est quand même loin d’un I Spit On Your Grave. Beaucoup plus profonde, la production aborde les thèmes de l’empathie à travers la différence ainsi que de la place des marginaux dans la société. Dans un monde post #MeToo où l’on vit une montée de l’extrême droite raciste, voir The Nightingale fait réfléchir. Oui, le film est difficile à regarder par moments. Cela dit, la violence mise en scène par la cinéaste n’est pas fantaisiste. Ce qui se produit de plus horrible dans le film arrive à chaque jour à des dizaines de personnes. Il y a une histoire importante racontée ici et au-delà de l’histoire personnelle des protagonistes, il se développe tout au long du métrage une parabole sur notre monde.

Magnifiquement mise en image par le choix de cadre en 4:3, la nature tasmanienne est également une partie fondamentale du film. Rappelant parfois les décors de Werner Herzog, elle accompagne les personnages et agit comme un miroir avec eux. Aisling Franciosi et Baykali Ganambarr (Claire et Billy) sont d’ailleurs bluffants d’authenticité dans chaque prise. Tout comme pour la cinématographie, les acteurs seraient dignes d’obtenir des nominations lors des prochaines cérémonies de remise de prix du cinéma. Cela dit, comme ils opèrent dans un registre de cinéma de genre, il est malheureusement peu probable que cela se produise.

Bref, un film important qui mérite d’avoir un peu plus d’attention par les cercles de cinéphiles. Même si une distribution boiteuse n’a pas permis de présenter ce film en salle au Québec, il s’agit d’un candidat sérieux au titre de film d’horreur de l’année.

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