[Critique] Underwater: en eaux troubles

Note des lecteurs5 Notes
3
Note Horreur Québec

Une plateforme pétrolière sous-marine est soudainement frappée par une catastrophe lorsqu’une partie de la station implose sous la pression, tuant sur le coup plusieurs travailleurs. Quelques survivants tentent alors de trouver un moyen de remonter à la surface, située une dizaine de kilomètres de plus haut. Ils sont progressivement confrontés à des créatures étranges et particulièrement hostiles.

Tabletté pendant une longue période par la Fox, Underwater était attendu avec beaucoup d’appréhension par plusieurs. Loin d’être la purge annoncée, cet Alien aquatique mettant en vedette Kristen Stewart et Vincent Cassel n’est toutefois pas sans défaut. On pourrait dire en fait que le film a les forces de ses faiblesses et les faiblesses de ses forces. Ainsi, l’action démarre très rapidement, à peine quelques minutes après le début du film; la catastrophe frappant la station brusquement et sans explication. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, mais puisqu’un seul personnage nous a été présenté jusque-là (celui joué par Stewart, relookée comme Sigourney Weaver dans Alien 3), il est très difficile de s’attacher aux autres protagonistes qui font ensuite leur apparition et d’être touché par les enjeux dramatiques qui les animent.

Underwater affiche film

On regrette donc qu’aucune scène d’exposition ne nous permette de mieux connaître les personnages et de comprendre ce qui les lie les uns aux autres. Des chefs-d’œuvres comme Jaws et The Thing parvenaient à rendre les personnages plus humains et complexes, et à créer des univers profondément immersifs en adoptant une certaine lenteur. Ce n’est malheureusement pas le cas avec Underwater: les préliminaires auraient été bienvenues et auraient permis d’améliorer notre expérience.

L’autre force/faiblesse est d’un point de vue formel. Lors des scènes sous-marines, il fait extrêmement sombre et l’eau est particulièrement brouillée. D’un côté, cela augmente notre angoisse en diapason avec celle des personnages, mais de l’autre, cela nous empêche de bien les discerner ou de profiter des effets spéciaux présentés à l’écran, autant ceux à l’origine des créatures ou des installations sous-marines.

Underwater

Tout cela n’empêche pas Underwater de proposer un casting solide et une réalisation soignée. De plus, le climax final est particulièrement jouissif pour les amateurs du bestiaire monstrueux lovecraftien. Mais une nette impression de déjà vu risque d’en désappointer certains, tout dépendant de leur niveau d’exigences et de leur amour (aveugle?) de ce sous-genre horrifique. Les années 80 sont loin derrière nous et les critères en 2020 ne sont plus les mêmes, surtout pour une production dont le budget s’élève à 80 millions de dollars.