[Critique] Verotika: le Plan 9 de Glenn Danzig

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Note Horreur Québec

Wow. Il faut croire que tout le monde ne peut pas être Rob Zombie. Être un bon musicien, voire un musicien légendaire, n’implique pas d’être un bon cinéaste. Malgré tout le respect qu’on peut avoir pour le charismatique fondateur des Misfits Glenn Danzig, sa plongée au cœur du cinéma est un flat abyssal. Son Verotika est même comparé, un peu partout sur internet, à l’incroyable navet The Room de Tommy Wiseau. Comparaison injuste ou méritée?

Verotika affiche filmVerotika est un film anthologique à la Creepshow qui raconte trois histoires où se mélangent paranormal, satanisme, violence et érotisme de manière très… atypique. Celles-ci s’enchaînent entrecoupées par des segments mettant en vedette le personnage de Morella, une sorte de succube qui agit comme présentatrice. Ces segments sont d’ailleurs les plus réussis et celui du début, tourné avec les équipes de Shudder pour The Core, est probablement le truc le mieux réalisé du projet. Le scénario écrit par Danzig est basé sur une série de comics

Seulement, avec ces deux éléments on peut s’attendre à du solide en terme de so bad it’s good, mais ça ne s’arrête pas là. Il faut ajouter que Danzig n’est pas un réalisateur de formation et ça se sent. Les plans sont tous interminables à en mourir de malaise et les incrustations numériques sont parmi les moins réalistes de ces dernières années. Cela dit, tous ces défauts font-ils de Verotika un film foncièrement mauvais? Impossible de nier que l’ex Samhain est au cœur de ce projet pour lequel il porte la casquette de producteur, réalisateur, scénariste et de compositeur. On sent, dans ce premier film, une forte volonté de proposer un discours et de mettre de l’avant ses influences (Franju, Fulci). Or, il y a ce qu’on veut faire et ce que ça donne comme résultat. Ce décalage entre point de départ et d’arrivée fait vraiment toute la saveur du film. Dans le cas d’un tel ovni, il y a toute la tragédie touchante et comique d’un Wiseau ou d’un Ed Wood persuadé de créer un chef-d’oeuvre, mais qui se rate sans s’en rendre compte. Le parallèle avec Ed Wood est d’ailleurs d’autant plus parlant que le label qu’a créé Danzig pour produire ses groupes dans les années 70 s’appelait Plan 9 records.

Bref, il en résulte un film objectivement mauvais, mais qui a tout le potentiel de devenir un petit phénomène culte auprès des amateurs de médiocrité. Un projet qu’on sent fait pour les bonnes raisons et avec passion, mais qui s’écrase de manière spectaculaire. Cela dit parfois, un échec original est plus intéressant qu’une réussite sans propos. Ça aura 5 étoiles dans le cœur de plusieurs!

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