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[FNC 2018] The House That Jack Built: rires jaunes en série
8.5Note Finale
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Après plusieurs oeuvres marquantes telles que Breaking the Waves, Dancer in the Dark et Melancholia, pour ne nommer que celles-là, le controversé réalisateur et scénariste danois Lars von Trier est de retour avec The House That Jack Built; un film choc où le spectateur sera plongé tête première dans une sauvage excursion couvrant cinq incidents sur une période de douze années de la vie d’un meurtrier en série.

Par où commencer? Disons que ce petit dernier du réalisateur de Nymphomaniac n’est certainement pas l’ovni de sa filmographie. Ayant créé un tollé au dernier Festival de Cannes, il s’y colle parfaitement avec ses scènes graphiques, choquantes et dérangeantes durant lesquelles Jack (Matt Dillon), se décrivant lui-même comme un ingénieur (ou architecte?), compare le meurtre à une forme d’art. Sa sympathie pour Hitler et son admiration pour l’architecte Nazi Albert Speer sauront d’ailleurs l’inspirer dans sa «démarche artistique».

The House That Jack Built film posterEntrecoupé de tableaux, peintures, d’archives et d’extraits de ses propres films, les images accompagnées de la voix hors-champ de notre anti-héros, en conversation avec celui qu’on croit être son thérapeute, donnent au spectateur le privilège d’en savoir plus sur ce qui s’est passé, ce qui s’y trouve et ce qu’il pourrait bien arriver dans la tête du principal concerné. Von Trier revient avec son habituelle caméra à l’épaule qui nous submerge dans le réalisme du récit qui, précisons-le, est carrément un mélange entre comédie noire et drame psychologique.

Là où certains seront plus frileux, alors que d’autres pas du tout, se retrouve surtout autour de certaines scènes très graphiques mettant en scène des animaux ainsi que de jeunes enfants. Lars von Trier, n’ayant pas l’habitude de s’autocensurer, renoue ici avec ce qui pourrait se rapprocher de son Antichrist de 2009. Ses détracteurs pourraient ajouter «misogynie» à leur liste de reproches puisque son meurtrier s’attaque, malgré ce que le personnage en dit, qu’à des femmes idiotes ou insupportables. Bref…

Matt Dillon, acteur plus que sous-estimé et trop absent du grand écran, est tout simplement parfait sous les traits de Jack. Tantôt effrayant et parfois vulnérable, il n’avait pas offert une aussi bonne performance depuis Rumble Fish et Crash de Paul Haggis! À ses côtés, nous retrouvons Uma Thurman (Down a Dark Hall) ainsi que Bruno Ganz (Downfall) et Siobhan Fallon Hogan (Funny Games). Une petite distribution des plus efficaces!

The House That Jack Built Matt Dillon image

Placardé de la chanson Fame de David Bowie, The House That Jack Built est une satire qui peut facilement rappeler le American Psycho de Mary Harron et qui divisera certainement. Souvent très drôle, les rires jaunes et les malaises s’accumulent tout de même au cours de ses 155 minutes où le réalisateur s’amuse visiblement avec les limites de son public avant de nous déstabiliser de nouveau avec son superbe épilogue assez inattendu où «La Barque de Dante» d’Eugène Delacroix est magnifiquement recréée. Sans faire partie de ses chefs-d’oeuvre, le réalisateur de Dogville parvient tout de même à inscrire un autre très bon film à son curriculum vitae en ajoutant son grain de sel dans cette immense marée de films sur les tueurs en série.

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