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Même si on aime les mutiler et les déshabiller pour la caméra, les femmes ont rarement l’occasion de passer derrière. Février, proclamé le Women in Horror Month, reconnait que les femmes ont moins d’opportunités que les hommes de contribuer au genre et représente une occasion en or de donner de l’amour à certains de nos films préférés.

Évidemment, il y a plus de dix grands films d’horreur réalisés par des femmes. Quels sont vos préférés?


Pet Sematary (1989) de Mary Lambert

Malgré le jeu désastreux de ses acteurs, Pet Sematary a marqué l’imaginaire de milliers de spectateurs. Comment oublier Zelda qui hurle «Never get out of bed again!»? Stephen King a lui-même écrit le scénario basé sur l’un de ses romans les mieux connus, une horrible fable sur le deuil et la mortalité. Une mention spéciale pour la suite également réalisée par Mary Lambert, une comédie d’horreur pleine de gore et de one-liners.

Near Dark (1987) de Kathryn Bigelow

Caleb s’entiche d’une vampire et se joint avec réticence à sa «famille» dysfonctionnelle, composée entre autres du dangereux Severen (Bill Paxton) et du jeune Homer (Joshua John Miller). Le deuxième long-métrage de la brillante Kathryn Bigelow détonne un peu de l’ensemble de sa filmographie, d’autant plus qu’il est suivi du très différent Blue Steel. À la fois sexy et repoussant, Near Dark transporte l’horreur dans l’Amérique rurale avec un mélange intriguant de retenue et d’extravagance. Un grand film, vraiment.

The Babadook (2014) de Jennifer Kent

The Babadook explore les thèmes de la maternité et du deuil en suivant Amelia, une veuve au bout du rouleau, et son fils turbulent Samuel. L’arrivée d’un livre pour enfant et d’une créature toute droit sortie d’un film expressionniste allemand brouillent la frontière entre cauchemar et réalité et entraîne la pauvre femme dans une spirale qui pourrait bien mener à l’infanticide. Après que le film ait été rangé par erreur dans la catégorie LGBT de Netflix en 2016, Mister Babadook est aussi devenu une icône gay. Bien que de réelles analyses du film pointent en ce sens, l’allégorie a surtout amusé la communauté Internet en créant nombre de memes, gifs et vidéos hilarants.

The Invitation (2015) de Karyn Kusama

Will et sa copine sont invités à souper chez son ex, Eden, lors d’une soirée qui réunira leur ancienne bande d’amis. Au cours de la fête, plusieurs détails lui mettent la puce à l’oreille. Eden, son nouveau conjoint David et quelques-uns de leurs invités agissent de manière étrange. Alors que sa méfiance crée plusieurs malaises, Will essaie de convaincre ses amis qu’il n’est pas paranoïaque et qu’il y a vraiment aiguille sous roche. Ce huis clos inclusif et mesuré tient en haleine et dévoile surprise après surprise pour attaquer avec férocité lors d’un acte final aussi attendu qu’efficace.

A Girl Walks Home Alone at Night (2014) d’Ana Lily Amirpour

À la croisée de David Lynch et Sergio Leone, il y a Amirpour et A Girl Walks Home Alone at Night, la rencontre insoupçonnée d’un film de vampire iranien et d’un western spaghetti où une créature sanguinaire hante la nuit, son hijab déployée derrière elle comme une cape. Original et surprenant, A Girl se démarque par la beauté de sa photographie en noir et banc et de la ville-fantôme fictive où il prend place, qui ressemble tantôt à une bourgade du far-west et tantôt à une métropole industrialisée. A Girl prouve que la veine du film de vampire n’est pas encore à sec.

Grave (2016) de Julia Ducournau

Annoncé à tort comme une orgie de gore à la Braindead, ce film franco-belge est plus subtil que sa prémisse le suggère: une jeune végétarienne développe un appétit cannibale après avoir mangé de la viande crue. Abordant des thèmes délicats comme l’homosexualité, l’éveil sexuel et les troubles alimentaires, ce premier long-métrage prometteur de la jeune Julia Ducournau ne peut ne pas rappeler Dans ma peau, un autre film français traitant de cannibalisme, réalisé par une femme et dont la distribution comprend Laurent Lucas.

The Slumber Party Massacre (1982) d’Amy Holden-Jones

Slumer Party Massacre se démarque puisqu’il s’agit à ce jour de la seule franchise dont tous les volets (il y en a trois) ont été réalisés par des femmes; un exploit considérable, surtout parce qu’elle s’inscrit dans la folie macho des slashers des années 1980. Un tueur armé d’une perceuse terrorise une bande d’adolescentes lors d’un party-pyjama. Même si le scénario du premier film, signé par la féministe-activiste Rita Mae Brown, se voulait une parodie, la réalisation d’Holden-Jones en fait plutôt un film d’horreur pur et dur où les victimes refusent d’être passives. Quelques scènes de nudité gratuite nous font toutefois sentir l’influence du producteur Roger Corman.

American Psycho (2000) de Mary Harron

Mary Harron a su capturer à perfection l’essence du roman homonyme profondément dérangeant de Bret Easton Ellis où un financier superficiel vit une vie de grand luxe dans l’Amérique de Reagan et tue sans impunité. Misogyne, homophobe et raciste, Patrick Bateman (Christian Bale) et son entourage sont obsédés par les apparences, ce qui donne lieu à des scènes mordantes comme celle où ils comparent jalousement leurs cartes d’affaires. Beau et riche, Bateman est si privilégié que même lorsqu’il confesse ses meurtres, on refuse de le croire.

American Mary (2012) de Jen et Sylvia Soska

Le rape and revenge, un genre où une femme violée se venge de ses agresseurs, est souvent l’apanage de réalisateurs masculins fréquemment critiqués pour présenter le viol de manière à titiller le spectateur. Dans cette réalisation des soeurs Soska, une étudiante en médecine douée (Katherine Isabelle) est droguée et violée par son mentor et, pour se venger, le kidnappe et le garde en vie en performant sur lui une série de modifications corporelles extrêmes. Mary a aussi enfin l’occasion de mettre à profit ses talents de chirurgienne et de rembourser ses dettes d’études en joignant le circuit de la chirurgie clandestine, implantant solidement American Mary dans le genre body horror.

Jennifer’s Body (2009) de Karyn Kusama

Jennifer’s Body a possiblement souffert de la présence de Megan Fox, alors extrêmement populaire et «commercialisée» pour le public masculin en raison de sa beauté, qui semblait annoncer un film d’exploitation sexy, ou encore de celle de la scénariste Diablo Cody, dont on attendait peut-être des dialogues plus proches de ceux de Juno. Malgré son échec critique et commercial, il s’agit pourtant d’un commentaire incisif et subversif sur l’amitié et la rivalité féminine à l’adolescence qui divise encore aujourd’hui.

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