Les suggestions du staff — mai 2020

On a commencé à se déconfiner un peu — selon votre région — en mai, mais les cinémas et leurs grosses sorties restent toujours paralysés et les suggestions alternatives sont plus que bienvenues pour un peu de divertissement.

Ce mois-ci, nos rédacteurs vous partagent leurs dernières trouvailles côté classiques, sorties vidéo, littérature, jeux vidéo et arts visuels!


Jean-François Croteau

The Tingler (1959) de William Castle

C’est avec une grande nostalgie que j’ai revu le film The Tingler du légendaire William Castle, dorénavant disponible en Blu-ray. Imaginez que votre peur se métamorphose en créature tangible s’accrochant à votre échine? Évidemment, l’idée de départ n’a ni queue ni tête, et le film est farfelu d’un bout à l’autre. Cela dit, l’ensemble dégage un sublime hommage au cinéma muet, et plusieurs passages sont réellement mémorables. Il faut aussi bien admettre que la présence de Vincent Price dans le premier rôle rehausse l’ensemble. Sur les extras du disque paru chez Shout Factory, plusieurs artistes nous expliquent que lors de sa sortie, certains sièges de cinéma étaient outillés de vibrateur pour faire sursauter l’audience.


Élise Lucie Henripin

Lullabies For Suffering: Tales of Addiction Horror (2020 – Collectif), Wicked Run Press

Gratuite avec Kindle Unlimited, cette anthologie nous fait plonger au coeur de l’extase et de l’agonie de la dépendance. L’éditeur Mark Matthews, qui a consommé pendant plusieurs années et travaille aujourd’hui dans le domaine de la réhabilitation, cite Joe Hill dans sa préface: «Horror isn’t about extreme sadism; it’s about extreme empathy.» Tantôt humaine, tantôt surnaturelle ou même lovecraftienne, l’horreur de Lullabies dissèque plusieurs types de dépendance (cocaïne, fentanyl, automutilation) de manière crue et sensible. «Love is a Crematorium» boucle le recueil avec un récit chamboulant où l’absence d’éléments horrifiques laisse toute la place à la pure souffrance imposée par la surconsommation. Par contre, attention: la lecture de Lullabies For Suffering est absorbante mais aussi très difficile, surtout pour celles et ceux qui souffrent de troubles de dépendance ou de santé mentale.


Pat Houle

Gretel & Hansel (2020) d’Osgood Perkins

La lenteur des films d’Oz Perkins (The Blackcoat’s Daughter, I Am the Pretty Thing That Lives in the House) ne m’a jamais gêné et Gretel & Hansel est définitivement mon préféré des trois! La direction photo de Galo Olivares — qui a également travaillé sur Roma d’Alfonso Cuarón — est hallucinante, c’est parfaitement angoissant et quel plaisir de revoir Alice Krige (Sleepwalkers) dans une production horrifique! Maintenant disponible en Blu-ray, DVD et VSD.


Jason Paré

Zaroff (2019) de Runberg et Miville-Deschênes, Le Lombard

La bande dessinée Zaroff est une suite non officielle du roman The Most Dangerous Game de Richard Connell paru en 1924, puis adapté au cinéma huit ans plus tard par le duo Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel (un an avant King Kong que Shoedsack a co-réalisé avec Merian C. Cooper). Après la fuite de son gibier, le comte Zaroff a changé d’île, mais hésite à reprendre la chasse, tellement il a été affecté par son échec. Mais, la soif de vengeance de la fille de l’une de ses victimes —  un chef de la pègre irlandaise —  l’oblige à renouer avec ses instincts de survie et de prédateur. L’enjeu est d’autant plus important que la sœur du comte et les enfants de cette dernière ont été pris en otage et amenés sur l’île. Zaroff propose un récit efficace et un survival particulièrement violent (rappelons que le film est l’œuvre fondatrice du genre). Si le scénario a été écrit par le Belge Sylvain Ruberg, les magnifiques illustrations ont été réalisé par le Québécois François Miville-Deschênes. La BD a d’ailleurs remporté en avril le Prix Albéric-Bourgeois pour le meilleur album de langue française publié à l’étranger par des auteurs canadiens, dessinateurs et/ou scénaristes remis dans le cadre du Festival Québec BD. Publiée aux éditions Lombard, la BD propose une conclusion laissant présager une suite à New York. Croisons-nous les doigts!


Raphaël Boivin-Fournier

Arvida (2011) de Samuel Archibald, LE QUARTANIER

Même si on me connaît sur ce site, avant tout, comme le critique de séries Z, mon background d’analyse vient d’abord des études littéraires. M’étant concentré surtout sur la littérature québécoise durant mon parcours universitaire, je voue une admiration sans bornes à Anne Hébert et aux mélanges de genre qu’elle a contribué à introduire chez les auteurs et autrices d’ici. Un exemple de ses rejetons intellectuels est clairement Samuel Archibald avec son recueil Arvida. À mi-chemin entre Proust et Stephen King, Archibald est un auteur à la plume parfaitement taillée pour les histoires de fantômes, de torture et de road-trips absurdes. Arvida, son recueil de courtes nouvelles, est un vent de fraîcheur dans le milieu de la littérature fantastique québécoise.


Annaëlle Winand

TAAQTUMI. An Anthology of Artic Horror Stories (2019 – collectif), Inhabit Media

Taaqtumi («dans le noir» en Inuktitut) est une anthologie composée de neuf histoires écrites par des auteurs du Nord canadien (Aviaq Johnston, Cara Bryant (Ann R. Loverock), Gayle Kabloona, Jay Bulckaert, K. C. Carthew, Rachel and Sean Qitsualik-Tinsley, Repo Kempt, Richard Van Camp et Thomas Anguti Johnston).

Le livre enchaine les récits variés, tous aussi fascinants qu’effrayants, mêlant horreur, science-fiction et fantastique. Vous y rencontrerez des fantômes, des zombies et autres créatures mythiques tapies dans le blizzard, la glace, les profondeurs de la terre ou encore dans les imaginaires. Inspirées de légendes et mythes Inuits, chaque histoire ouvre une porte sur des mondes arctiques que vous ne voudrez plus quitter.

Une anthologie qui fait froid (ah!) dans le dos, essentielle à votre bibliothèque.


Marc-Antoine Labonté

Control (2019) de Remedy Games

Si le cinéma attend encore son blockbuster lovecraftien, le jeu vidéo a toujours été plus propice à s’inspirer de l’oeuvre du célèbre auteur. Control est le dernier-né des créateurs de Max Payne et d’Alan Wake. Il possède cet amour pour l’action qui défie les lois de la physique propre au studio Remedy Games, mais aussi une ambiance lugubre et surréaliste qui ravira les amateurs de Lovecraft et des cinéastes qui ont marché à sa suite. Adoptant les principes du metroidvania, l’intrigue nous entraîne dans les sombres couloirs du FBC, le Federal Bureau of Control, envahi par une force mystérieuse venue d’une autre dimension. Le travail sur la lumière du jeu est complètement ahurissant, un peu comme si From Beyond avait eu le budget d’Avengers.


Marc Boisclair

Mothmeister: Weird and Wonderful Post-Mortem Fairy Tales (2018) de Mothmeister, Lannoo Publishers

Me replonger dans l’univers de Mothmeister lors du dernier mois de confinement m’a rappelé à quel point je m’ennuyais des chroniques sur les arts visuels que j’écrivais jadis sur les pages du regretté Sinistre Magazine.

Mothmeister, c’est le projet d’un duo d’artistes belges qui se fascine pour la photographie et la taxidermie. Leurs personnages grotesques et souvent inquiétants prennent la pose dans des paysages désolés et post-apocalyptiques. Avec l’ouvrage Mothmeister: Weird and Wonderful Post-Mortem Fairy Tales, la graphiste et le directeur artistique bien cachés derrière le nom publient leurs meilleurs ouvrages, qui impliquent pour la plupart du temps la collaboration d’autres artistes. À travers les courts textes d’un journal de bord tenu au fil des ans, le duo explique sa démarche à propos de ces animaux empaillés de manière imparfaite, mais aussi des masques et des coiffes que portent leurs sujets et de ses nombreux voyages dans des destinations insolites (et parfois même périlleuses!) à la recherche du décors parfait. Autrement, le magnifique objet se laisse très bien traîner sur une table à café et promet de générer quelques réactions. Allez voir les portraits lugubres de Mothmeister sur Instagram.

Rédacteur en chef

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