JF Lemay entrevue cover

L’horreur s’anime dans les illustrations de JF Lemay

Si vous avez l’habitude de scroller l’infini du Web, il y a de fortes chances que vous soyez déjà tombés sur une des illustrations mouvantes de JF Lemay, sans même savoir qu’il était de chez nous.

En effet, le Québécois partage son art depuis quelques années maintenant sur les réseaux sociaux, qui s’est retrouvé particulièrement viral sur Instagram. À ce jour, près de 325 000 personnes suivent son compte, qui s’anime encore davantage durant la période de l’Halloween avec le fameux défi Inktober.

On a parlé à l’artiste question d’en savoir davantage:


HQ: Malgré ton compte Instagram très populaire, on a l’impression que tu es très discret dans le milieu de l’horreur ici.

No one will ever believe you JF lemayJF Lemay: Je suis définitivement plus loner. Je ne sais même pas comment tu as fait pour savoir que j’étais québécois. [Rires] La plupart des gens ne le savent pas!

J’ai fait quelques trucs pour des gens ici, dont l’affiche du court No One Will Ever Believe You de Frédéric Chalté, présenté à Fantasia en 2018. Je montre rarement sur mon Instagram les contrats que je fais. Je dédie plus mon compte à mon travail personnel. En général, mes contrats viennent plus souvent des États-Unis et de l’étranger. J’ai eu la chance de travailler sur tous les continents!

HQ: Comment t’expliques ta viralité sur Instagram?

JL: Ça a vraiment été un effet boule de neige. Ça allait quand même bien lorsque j’ai commencé mon compte, les abonnés augmentaient rapidement, mais j’ai eu un post ou deux qui ont vraiment explosé. Je me suis couché un soir et le lendemain à mon réveil j’avais 10 ou 15 000 nouveaux fans.

Les petites vidéos que je fais sont vraiment très populaires. Quand j’ai vu que ça fonctionnait bien, j’ai mis un peu plus de temps là-dessus durant mes fins de semaine. J’ai rien payé en terme de promotion: c’est vraiment au fil du temps, avec les partages un peu partout.

 

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HQ: Tu as en quelque sorte deux styles: celui très classique à l’encre et l’autre où tu intègres des pliages, de la 3D ou du motion design. Comment décrirais-tu ce que tu fais?

JL: À la base, je suis vraiment un illustrateur. Je trippe sur les vieilles illustrations du genre Gustave Doré et Escher. J’aime vraiment le look des gravures anciennes. C’est ce qui a donné naissance à mon style plus traditionnel.

Toute la portion animée est plus en lien avec mon background. Avant de faire de l’illustration j’ai travaillé pendant 10 ou 15 ans dans le domaine du Web; j’ai fait des sites, du design et de l’animation. J’ai commencé avec Flash dans le temps. Maintenant, pour mes animations, je travaille avec After Effects. J’aime vraiment le logiciel, j’ai commencé avec des tutoriels et je m’en viens pas pire. [Rires]

HQ: Quand on regarde tes illustrations animées, il y a toujours une part de nous qui se demande ce qui est «vrai» ou généré à l’ordinateur — ce qui est vraiment cool — mais la plupart du temps, à part les splash de sang par exemple, c’est tout fait main, non?

JL: Oui effectivement. Des fois que je vais peut-être filmer des trucs séparément et venir les joindre ensemble à l’ordinateur ensuite, mais la plupart du temps, c’est toujours du papier et des pliages.

Je suis vraiment un fan du vieux cinéma d’horreur et des effets pratiques; j’essaie donc de mettre le moins de «CGI» possible et que si j’en intègre, que ça paraisse le moins possible.

Par exemple, pour les textures un peu gluantes, j’utilise la glue qu’ils vendent en pharmacie pour les jeunes. Je fais des mélanges avec d’autres médiums pour obtenir des textures différentes.

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HQ: On voit d’ailleurs ton amour pour les slashers dans tes illustrations. C’est ce qui te parle le plus en cinéma d’horreur?

JL: Oui, en effet. J’aime les vieux classiques comme Psycho et les films des années 70, 80 et 90, quand tous les effets spéciaux étaient pratiques. Il y a une certaine magie dans ces films.

HQ: En contraste avec tes vidéos, tes illustrations traditionnelles sont excessivement détaillées. Tu peux mettre combien de temps sur une oeuvre? Quel est ton processus?

JL: Ça varie beaucoup. Je peux mettre entre 5 et 25 heures, je dirais.

La plupart du temps, je fais aussi une bonne recherche avant de me lancer. J’ai beaucoup de symbolisme d’impliqué. C’est rare que je dessine juste un crâne pour dessiner un crâne; j’ai toujours une petite histoire reliée à ça. Habituellement, j’aime mieux ne pas trop en dévoiler. J’aime laisser les gens interpréter. J’ai toujours quelque chose de caché dans mes illustrations.

 

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HQ: Quelque chose en lien avec un état d’âme?

JL: Oui. Ou encore en lien avec quelque chose qui me fascine. Certaines de mes illustrations sont inspirées de la mythologie grecque, qui me font particulièrement tripper. J’écoute beaucoup de documentaires sur le sujet.

HQ: Ton médium de prédilection reste toujours l’encre noire?

JL: J’ai fait longtemps de l’art digital en fait. Ça fait seulement quatre ou cinq ans que je suis revenu à l’art traditionnel.

Je me suis rendu compte que même en faisant de l’art digital, j’étais très puriste. J’essayais de dessiner comme si je dessinais sur du papier. J’ai réalisé que ce n’était pas vraiment la fonction du digital. Mais ça été très formateur pour moi, et en retombant dans mes vieilles passions comme pour la gravure par exemple, retourner sur papier m’a bizarrement amené beaucoup plus d’options. Il y a quelque chose d’unique avec l’encre et le papier. Tu obtiens aussi une oeuvre finale, qui existe dans le vrai monde.

 

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HQ: Inktober bat son plein sur Instagram présentement et tu participes assez activement.

JL: Oui, je me suis lancé sur dix sujets différents et les gens peuvent voter. Je fais un dessin sur la thématique la plus populaire. Les gens qui me suivent peuvent participer et m’envoyer leurs propositions. Je reposte mes préférées dans mes stories. J’ai pris le mois off de contrats pour ça et avoir un peu de fun avec mes abonnés [Rires]. C’est rien d’officiel, seulement pour le plaisir.


Découvrez les oeuvres de JF Lemay via son compte Instagram et sa page Big Cartel.

 

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